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Colloque – Présents prodigieux. Représentations, usages et savoirs de l’extraordinaire à l’épreuve du temps (XVe – XVIIe siècle)

Les 12 et 13 février 2026 se tiendra à l’Université du Lausanne un colloque international intitulé « Présents prodigieux. Représentations, usages et savoirs de l’extraordinaire à l’épreuve du temps (XVe –XVIIe siècle) ».

Cette rencontre interdisciplinaire, co-organisée par Cordélia Floc’hic et Alexandre Goderniaux, interrogera les liens entre prodiges et présents à travers quatre sessions et une keynote.

Le programme complet se trouve ci-dessous, et l’accès est libre pour toutes et tous. N’hésitez pas à contacter les organisateurs pour plus d’informations.

Synthèse de l’argumentaire 

Ce colloque invite à renouveler l’étude des prodiges (XVe–XVIIe siècles) en les replaçant au cœur d’une réflexion sur le temps — et plus particulièrement sur le présent. Événements extraordinaires, souvent ambigus, les prodiges permettent d’interroger la manière dont une société se représente son actualité, entre pratiques mémorielles et projection vers l’avenir.

Trois axes structureront les échanges :

1. Les formes de représentation du prodige (texte, image, rythme, émotion)

2. Les fonctions politiques, religieuses et sociales qu’il remplit

3. Les dynamiques de théorisation érudite et de production de savoirs qu’il suscite

On s’intéressera aux usages savants ou populaires du prodige, aux rapports entre texte et image dans sa mise en récit, aux débats sur sa lisibilité, à ses circulations dans les médias imprimés, à ses effets d’interprétation ou de mobilisation. Il s’agira ainsi d’explorer la manière dont le prodige, par sa soudaineté et sa puissance de signification, participe à la construction d’un présent saturé de sens — un présent à la fois instable et fécond, traversé de signes, d’émotions et de possibles.

Informations pratiques

Lieux : Anthropole 4165 (colloque) Anthropole 2064 (keynote)

Depuis le centre de Lausanne : métro M1 depuis Lausanne-Flon, direction Renens-Gare, arrêt UNIL-Chamberonne (6 arrêts). L’entrée du bâtiment de l’Anthropole se trouve à deux minutes à pied.

Depuis la gare CFF de Lausanne : métro M2 jusqu’à Lausanne-Flon (1 arrêt), puis métro M1 direction Renens-Gare, arrêt UNIL-Chamberonne.

Comité organisateur

Cordélia Floc’hic (cordelia.flochic@unil.ch)
Alexandre Goderniaux (alexandre.goderniaux@unine.ch)

Comité scientifique

Sophie Chiari-Lasserre (Université de Clermont Auvergne)
Pierre-Olivier Dittmar (EHESS)
Cordélia Floc’hic (Université de Lausanne)
Alexandre Goderniaux (Universités de Neuchâtel et de Lille)
Florian Métral (CNRS, Centre André-Chastel, CPJ Arvigraph)

Pépite : « C’est là l’œuvre du seigneur» : Marguerite de Parme (1522–1586) et la question de l’agentivité artistique d’une femme de pouvoir aux Pays-Bas du XVIe siècle.

Billet rédigé par Léon Rochard

Jacques Jonghelinck, Médaille de Marguerite de Parme âgée de 45 ans, déesse face aux éléments, 1567. Alliage cuivreux coulé, argenté, 3,3 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts, Md 10. Clichés François Becuwe © Palais des Beaux-Arts de Lille.

Les médailles de Jacques Jonghelinck représentant Marguerite de Parme ont souvent été connectées à sa démission comme gouverneure des Pays-Bas en 1567. Ce billet montre l’intérêt d’analyser les liens entre objets et événements politiques selon des questions de genre et de temporalité, et offre des pistes prometteuses pour l’analyse d’un corpus de mieux en mieux connu des historien.ne.s de l’art1.

« A DOMINO FACTUM EST ISTUD » (C’est là l’œuvre du seigneur) : cette inscription se trouve au revers d’une médaille portant à l’avers le profil de Marguerite de Parme, gouverneure des Pays-Bas (1559–1567) à l’âge de 45 ans, comme il est écrit sur son épaule. Le revers porte la date de 1567 et une allégorie féminine, debout sur un rocher et entourée de quatre vents, l’épée levée dans la main droite et une branche d’olivier et une palme dans la main gauche.

L’insistance sur la date appelle à interpréter la médaille au prisme d’un événement spécifique. Elle rappelle les tensions politiques et religieuses qui ont culminé en 1566, l’année précédant la frappe de la médaille, mais aussi l’abdication de Marguerite de Parme en avril 15672. Il semble qu’il ait fallu clarifier le sens de cette démission, qui a provoqué des réactions mitigées. Dans sa lettre de démission du 11 avril 1567, elle s’inquiète en effet de sa réputation, refusant que son travail pour apaiser les tumultes du début de la Révolte des Gueux en 1566 soit attribué au duc d’Albe (1507–1582), que Philippe II (1527–1598) vient d’envoyer avec une armée :

Votre Majesté se soucie bien peu non seulement de ma satisfaction et consolation, mais aussi de ma réputation, à laquelle […] je dois attacher beaucoup d’importance ; et Votre Majesté, avec les restrictions extraordinaires qu’elle m’a faites, m’a enlevé non seulement l’autorité, mais aussi le moyen de finir de régler entièrement toutes les affaires d’ici, et maintenant qu’elle voit que les choses vont bon train, veut en donner l’honneur à d’autres, et a voulu donner à moi seule les dangers et la fatigue.3

Le motif de sa démission est clair : elle refuse d’être perçue comme une simple figure transitoire chargée de gérer une crise dans laquelle elle s’est profondément investie4. On s’accorde aujourd’hui sur sa finesse en tant que politicienne5 : à la veille de l’éclatement de la furie iconoclaste, elle écrit dans une lettre à Philippe II du 31 juillet 1566 qu’elle a tenté d’anticiper la crise en écrivant « dès le commencement et depuis, par plusieurs fois » aux notables et gouverneurs locaux pour « contenir le peuple tant par authorité, menaces, exhortations, remonstrances que toutte autre voye de doulceur et rigoeur que leur sera possible »6

Ces motifs de l’équilibre entre douceur et rigueur ou de l’identification de points de bascule de la fortune répondent à la définition de la virtù politique de Machiavel, qui repose sur la capacité à repérer le mouvement de la fortune et les occasions qu’elle offre dans le temps présent7. Cependant, elle est limitée dans sa capacité à réagir à ces occasions qu’elle et ses informateurs savent repérer. Ses lettres mettent près d’un mois pour parvenir à Madrid, où les secrétaires doivent encore attendre que le roi leur dicte ou leur suggère une réponse8, souvent partielle. Plus encore, celui-ci retarde infiniment sa venue aux Pays-Bas, alors qu’elle y voit une solution pour apaiser la crise. Dans ses lettres de juillet 1566, à court de moyens pour le persuader, elle multiplie les marqueurs temporels pour identifier le moment présent comme un point de bascule. Dans sa seule lettre du 19 juillet, on ne compte pas moins de onze expressions en rapport avec le présent (« présentement » est par exemple utilisé à six reprises) et trois occurrences du mot « journellement », décrivant la progression alarmante de la situation. Enfin, le 31 juillet, elle craint que le moment d’agir ne soit déjà passé, tandis qu’elle n’a fait que « prévenir et anticiper le mal » : « temporisant et surattendant [Votre Majesté], tout est gasté et perdu »9.

Marguerite de Parme n’est donc pas maîtresse de son propre temps, ce qui, du point de vue des études de genre soulève le problème de son agentivité, notion généralement définie comme la capacité d’un sujet à agir, à faire des choix et à orienter sa vie dans un contexte de normes et de contraintes sociales, en négociant ces contraintes, en les contournant ou en les transformant, plutôt qu’en les subissant. Ces contraintes sont liées au rôle de la gouverneure, qui représente un pouvoir qui n’est pas le sien, mais aussi sans doute à son genre, qui a pu informer sa perception par certains de ses collaborateurs comme une personne docile10, ou son image antiféminine diffusée par la propagande rebelle11. En cela, on peut faire l’hypothèse, souvent centrale dans les études sur le mécénat féminin, que ses commandes et représentations artistiques peuvent constituer des tentatives alternatives de définir son image, mais aussi de maîtriser a posteriori le sens d’événements sur lesquels elle n’a pas pu avoir le contrôle souhaité.

Ainsi, la devise de la médaille de Jonghelinck, faisant allusion au 23e verset du Psaume 118, « a Domino factum est istud, hoc est mirabile in oculis nostris » (C’est là l’œuvre du Seigneur, c’est un prodige à nos yeux), peut faire référence au « prodige » de la relative amélioration des tensions qu’elle mentionne dans sa lettre de démission. Mais elle implique aussi qu’elle en est la facilitatrice, et qu’elle a accompli la volonté du Seigneur en tant que représentante de la défense de la foi catholique, face à des conditions difficiles représentées comme des vents contraires12. L’épée et la branche d’olivier refléteraient alors son arbitrage juste de la situation, montrant alternativement, comme nous l’avons mentionné, de la rigueur et de la clémence13. Dans le contexte de la reconstitution du mécénat de Marguerite de Parme dans ces dernières décennies, il apparaît donc nécessaire d’analyser les œuvres véhiculant son image ou commandées par elle en relation étroite avec sa politique14, comme l’a esquissé le catalogue de 2024.

Cependant, la médaille de Jonghelinck n’a pas été commandée par Marguerite de Parme elle-même. Elle a bien posé pour l’artiste, d’après une lettre de Francesco De Marchi15, mais sans doute pour un type standard dont le revers peut varier au besoin : une version très proche de notre type, prolongée au niveau du buste, se retrouve sur une médaille uniface à Bruxelles (Fig. 2), une double médaille portant le buste de son mari et le sien au revers, ou une variante quasiment identique à notre médaille portant l’inscription « Favente Deo »16. Mais le revers de celle-ci et de celle qui nous concerne semblent avoir été réalisés à son insu, à l’initiative de De Marchi ((Francesco Simeone, “Le due immagini di Margherita di Parma,” Panorama numismatico 116, Février 1998 (1998): 21.)) : « j’ai fait réaliser cette médaille avec tant de supplications à son Altesse qu’elle a fini par m’accorder la grâce de se faire portraiturer. […] J’ai inventé le revers, que j’ai fait fabriquer à l’insu de son Altesse, mais elle m’a fait confiance et m’a laissé faire »17.

Jacques Jonghelinck, MARGARETA•DE•AVSTRIA•D•P•ET•P•GERMANIAE•INFERIORIS•GVB, 1567. Bronze coulé, 58 mm. Bruxelles, Bibliothèque royale, Cabinet des médailles, 2K19/9.

L’objet est bien une réaction face aux événements qui ont conduit à la démission de Marguerite de Parme et vise à réaffirmer son rôle dans la résolution de la crise. De Marchi écrit qu’elles représentent « le portrait d’une princesse si digne, qui est véritablement une défenseuse de la religion chrétienne, […] sans l’esprit, la bravoure et la constance de laquelle tous ces pays seraient perdus quant à la religion, et peut-être même l’État, et je pense qu’elle a été la cible de mauvaises intentions. »18 La date de la lettre, du 7 juillet 1567, très proche de la démission, implique que la médaille a été conçue et réalisée très rapidement après la décision de la gouverneure.

Ici, la question de l’agentivité doit donc être le point de départ d’une réflexion plutôt que sa conclusion.19. On pourrait considérer que son agentivité ne s’exerce ni sur les événements présents, ni sur la définition de leur sens ou de sa propre image, définie en partie par ses proches conseillers (masculins). Cependant, cette hypothèse semble limitante puisqu’elle considère le personnage politique d’un point de vue strictement individuel et non comme une entité en partie collective. Si De Marchi a effectivement réalisé la médaille à son insu, il fait néanmoins partie de sa cour et de son cercle le plus proche ; par ailleurs, c’est elle qui a posé pour l’avers et donné son aval pour que la médaille soit frappée.

Le cas de la médaille de 1567 invite donc à se pencher plus précisément sur la notion de commanditaire et à historiciser celle d’agentivité, souvent utilisée sans être suffisamment interrogée pour démontrer le rôle historique de personnages féminins. Là où l’efficacité de cette notion, souvent concentrée sur l’émancipation individuelle, est limitée pour des contextes géographiques et historiques extérieurs à une culture contemporaine et libérale, on peut imaginer au contraire la productivité d’une définition plus collective centrée non pas sur l’actrice elle-même mais sur ses relations avec d’autres acteurices20. Cette vision permet d’éclairer l’habileté politique de femmes de pouvoir qui ont su déléguer leur agentivité en s’entourant de conseillers de confiance pour agir selon leurs intérêts et comme extensions d’elles-mêmes. Si Marguerite de Parme reste insatisfaite de son contrôle sur les événements et inquiète de sa réputation, son agentivité sur les événements présents n’est pas inexistante, mais peut-être délayée (c’est-à-dire jouant sur des temporalités différentes), ou relevant d’une maîtrise collective plus qu’individuelle, et doit donc être pensée selon des modalités plus subtiles, informées par son genre et les spécificités de sa position politique.

A VENIR

Ce billet s’inscrit dans le cadre de mes recherches de post-doctorat sur le mécénat artistique féminin et la maîtrise du temps présent dans les Pays-Bas des XVIe et XVIIe siècles. Il ambitionne de comparer des femmes de différents statuts sociaux et niveaux d’accès au pouvoir politique afin d’explorer le potentiel d’une méthode croisant les questions de temporalité et de genre en histoire et histoire de l’art. Le cas de Marguerite de Parme fera l’objet d’une prochaine communication, suivie d’un article étendu.

BIBLIOGRAPHIE

Sources

Battistini, Mario. Lettere di Giovan Battista Guicciardini a Cosimo e Francesco De’ Medici scritte dal Belgio dal 1559 al 1577. Bruxelles: Bibliothèque de l’Institut Historique Belge de Rome, 1949.

Gachard, Louis-Prosper. Correspondance de Philippe Ii sur les affaires des Pays-Bas. Vol. I, Bruxelles: Librairie Ancienne et Moderne, 1848.

van Gelder, Enno. Correspondance française de Marguerite d’Autriche, duchesse de Parme, avec Philippe II. Vol. II, Utrecht: Kemink et Fils, 1941.

Pour aller plus loin

Giomi, Fabio, Lett, Didier et Sylvie Steinberg. “Agency. Itinéraire D’un Concept Rebelle (1963-2025).” Clio. Femmes, Genre, Histoire 61, 1 (2025): 15-42.

Lichtert, Katrien, éd. Margaret, Duchess of Parma: The Emperor’s Daughter between Power and Image, cat. exp. Veurne: Hannibal Books, 2024.

Mantini, Silvia, éd. Costruzioni politiche e diplomazia, tra corte Farnese e monarchia spagnola. Rome: Bulzoni, 2003.

Rossi, Umberto. “Francesco Marchi e le medaglie di Margherita d’Austria.” Rivista Italiana di Numismatica I, 3 (1888): 333-50.

Silver, Larry. “Book Review: Margaret Duchess of Parma. The Emperor’s Daughter between Power and Image.” Historians of Netherlandish Art Reviews, actualisé en janvier 2025,  https://hnanews.org/hnar/reviews/margaret-duchess-of-parma-the-emperors-daughter-between-power-and-image/.

Simeone, Francesco. “Le Due Immagini di Margherita di Parma.” Panorama numismatico 116, Février 1998 (1998): 20-21.

Steen, Charlie R. Margaret of Parma: A Life. Leiden: Brill, 2013.

Traversi, Laura. “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa.” In La Dimensione Europea Dei Farnese, éd. par Bart de Groof et Eugenio Galdieri, 381-419. Bruxelles, Turnhout: Institut historique belge de Rome, Brepols, 1993.

Wiesner-Hanks, Merry E., éd. Challenging Women’s Agency and Activism in Early Modernity. Amsterdam: Amsterdam University Press, 2021.

  1. Je remercie Jan Blanc et Elodie Lecuppre-Desjardin d’avoir pris le temps de relire ma contribution et pour leurs commentaires. []
  2. Dagmar Eichberger, “Epilogue,” in Margaret, Duchess of Parma: the emperor’s daughter between power and image, ed. Katrien Lichtert (Veurne: Hannibal Books, 2024), 219 []
  3. Louis-Prosper Gachard, Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, vol. I (Bruxelles: Librairie Ancienne et Moderne, 1848), 523, note 3, nous traduisons. []
  4. Katrien Lichtert, “A Portrait of the Emperor’s Daughter,” in Margaret, Duchess of Parma: the emperor’s daughter between power and image, ed. Katrien Lichtert (Veurne: Hannibal Books, 2024), 26-27. []
  5. Charlie R. Steen, Margaret of Parma: A Life (Leiden: Brill, 2013), 3. []
  6. Enno van Gelder, Correspondance française de Marguerite d’Autriche, Duchesse de Parme, avec Philippe II, vol. II (Utrecht: Kemink et Fils, 1941), 281, n°48. []
  7. Cette idée a été suggérée implicitement par Silvia Mantini, (Mantini, “Introduzione,” 24). []
  8. Steen, Margaret of Parma: A Life, 72. []
  9. cf. van Gelder, Correspondance française de Marguerite d’Autriche, Duchesse de Parme, avec Philippe II, II, 259-81., n°46-48 []
  10. Steen, Margaret of Parma: A Life, 74. []
  11. Lichtert, “A Portrait of the Emperor’s Daughter,” 28. []
  12. Laura Traversi, “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa,” in La dimensione europea dei Farnese, ed. Bart de Groof and Eugenio Galdieri (Bruxelles, Turnhout: Institut historique belge de Rome, Brepols, 1993), 415-16. []
  13. Eichberger, “Epilogue,” 219. []
  14. La critique du catalogue de 2024 par Larry Silver montre l’importance de ce volume tout en souhaitant une plus étroite analyse du rapport entre la carrière politique et le mécénat artistique de Marguerite de Parme (voir “Book Review: Margaret Duchess of Parma. The Emperor’s Daughter between Power and Image,” Historians of Netherlandish Art Reviews. []
  15. Traversi, “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa,” 415-16. []
  16. On trouve des exemplaires de ces deux médailles au British Museum (G3,VP.55 et M3157). []
  17. Umberto Rossi, “Francesco Marchi e le medaglie di Margherita d’Austria,” Rivista Italiana di Numismatica I, 3 (1888): 337. []
  18. Ibid. Merci à Ester Giachetti pour sa traduction. []
  19. Wiesner-Hanks, Challenging Women’s Agency and Activism in Early Modernity, 11-12. []
  20. Giomi and Steinberg, “Agency. Itinéraire d’un concept rebelle (1963-2025),” 32, 38. []

Publication : Innovation and Medieval Communities

Innovation and Medieval communities. The circulation of Ideas and practices in and out of the town (1200-1500).

This collective work edited by Élodie Lecuppre-Desjardin and Nils Bock, was published in January 2026 in the series Studies in European Urban History [SEUH 63] by Brepols.

Description

It has to be said that when it came to innovation medieval culture demonstrated its mastery of the art of the paradox. Medieval people were compelled to innovate, driven by the dissatisfaction that is part of their nature, leading to changes that could generate not only enthusiasm, but also mistrust and sometimes fear. In a world where innovation was ordinarily perceived in a negative light, societies developed discursive strategies to legitimize such developments, even going so far as to make the old out of the new. This book interrogates this gap between cultural assumptions and practical necessity. Drawing on numerous examples from the towns and cities of Western Europe between the thirteenth and the fifteenth centuries, it examines in context and in practice both sophisticated conceptions and unexamined habits of thought concerning innovation. These offered a range of possibilities for dealing with the new, often imposing novelty quietly, as the only means of maintaining the old state of affairs… at least in appearance.

Table of contents

Introduction – Élodie Lecuppre-Desjardin (Lille University, IRHiS) & Nils Bock (Münster University)

PART 1. Mastering Innovation: Communities and Individuals

Municipal law in the monastery. On becoming and being citizens in the later Middle Ages -Anne Diekjobst (Kiel University CAU)

Burghers’ reactions to new town books in Southwestern Germany in the Late Middle Ages – Olivier Richard (Fribourg University)

Innovation and ways of relating to time in memory writings by German townspeople at the dawn of the Early Modern Period – Aude-Marie Certin (Haute Alsace University)

Innovation in the Great Municipal Charter of Paris (1416) – Boris Bove (Rouen-Normandie University)

PART 2. Technological innovation at the heart of the circulation of knowledge and political intentions

Innovations catalysed by the papal court and the reconfiguration of local communities in and around early 14th-century Avignon – Valérie Theis (ENS Ulm, Paris)

The dukes of Burgundy’s Trésor de l’Épargne and reactions to it within princely administration – Rudi  Beaulant (Franche-Comté  University)

Technological innovation, social identities and the Dynastic State. Gunpowder Artillery in the Burgundian Polity (late 14th– early 16th c.) – Michael Depreter (University of Oxford)

Innovation and migration: The Economic impact of immigrant craftspeople in Late Medieval England  – Bart Lambert (Vrije University of Brussels)

Social incentives for innovation in Flemish artistic workshops: Social Network Analysis in late medieval art production – Joannes Van den Maagdenberg (UGent-ULB-Fondation Périer-d’Ieteren)

Plague Policies in the Fifteenth-Century Low Countries: Duplication, adaptation and Integration – Claire Weeda (Leiden University) 

PART 3. Think different: pioneering ideas from artists and scholars

Ecclesiological Innovations in the days of the Reform Councils of the Fifteenth-Century – Bénédicte Sère (Paris Nanterre University)

Mediaeval sacred song: creative impulses and innovation in repertoire, musical notation and transmission – Kristin Hoefener (University Nova of Lisbon, Centro de Estudos de Sociologia e Estética Musical)

“A desire to see more clearly”: theological device and sociological innovation of scholars in thirteenth-fifteenth centuries – Antoine Destemberg (Artois University)

Van Eyck’s Fictive Frames and Reinventions of Memorialisation – Andrew Murray (The Open University)

More Information

Élodie Lecuppre-Desjardin & Nils Bock (eds.), Innovation and Medieval communities. The circulation of Ideas and practices in and out of the town (1200-1500, Turnhout: Brepols, 2026.

Guillaume de Machaut, Le remède de Fortune, Paris, BnF, ms. fr. 1586, fol. 30v.