Billet rédigé par Alexandre Goderniaux
Le deuxième congrès international La longue vie des imprimés éphémères, organisé conjointement par l’Université de Genève, celle de Neuchâtel et l’association Ephemera Helvetica à Genève les 10 et 11 avril 2025, a réuni 28 chercheuses et chercheurs pour réévaluer la place des imprimés éphémères dans l’histoire de la culture visuelle, politique et matérielle. Longtemps relégués aux marges des études sur l’imprimé, ces objets suscitent aujourd’hui un intérêt renouvelé, au croisement des humanités numériques, de l’analyse iconographique et de l’histoire politico-sociale du livre. Trois axes structurants — le rôle de l’image, propagande et censure, actualité de la recherche — ont favorisé des échanges transversaux entre des sessions parallèles, dont la présente recension ne reflète qu’une sélection.

JEUDI MATIN
Constance Carta et Thalia Brero inaugurent le congrès en rappelant le long et riche parcours de leur projet collectif. De la création de l’association Ephemera Helvetica en 2020 à un premier congrès en 2022, dont les actes viennent de paraître chez Droz, le champ des imprimés éphémères s’est structuré autour de collaborations solides, comme en témoignent les projets Desenrollando el cordel (2020-2024) et Capturing the Present in Northwestern Europe (2024-2028) qui, en rassemblant plusieurs chercheuses et chercheurs consacrant leurs travaux aux imprimés éphémères, confirment l’actualité brûlante de ces objets longtemps négligés.

La parole est ensuite donnée à Giles Bergel qui présente une conférence inaugurale intitulée « Ephemera studies in the digital age ». Spécialiste des humanités numériques, il présente plusieurs outils développés au sein du Visual Geometry Group de l’Université d’Oxford, exploitant notamment la reconnaissance d’images et la détection d’objets pour faciliter l’analyse des illustrations présentes dans les imprimés éphémères. Ces technologies permettent d’engager une étude matérielle plus systématique et plus fine de corpus difficilement accessibles par les méthodes traditionnelles. Il souligne également les enjeux méthodologiques et critiques soulevés par l’usage de l’intelligence artificielle, appelant à une articulation rigoureuse entre approche computationnelle et regard historien. Cette conférence révèle d’emblée que l’étude des éphémères anciens permet d’apporter plusieurs réponses aux enjeux culturels contemporains.
L’axe « rôle de l’image » est exploré à travers deux premières communications :
- « A male name for a whole country. Representations of Juan Español in the satirical press and Spanish political caricature (1875-1936) » (Jesús Movellán-Haro)
- « The ephemeral nature of graphic representations. Political cartoons about the Spanish-American War through the press in Spain and the United States (1895-1898) » (Rebeca Viguera-Ruiz)
Une première session de l’axe « propagande et censure » donne la parole à deux chercheurs, dont le premier, Paul-Alexis Mellet, présente une communication consacrée aux « Images d’effroi : les illustrations des discours véritables ».
Les rares images présentes dans ces occasionnels qui se multiplient vers 1600 ont deux fonctions principales : descriptive (donnant à voir les personnages et les événements évoqués par le texte) ou générique (inscrivant le propos particulier dans un cadre plus général). Une série de cas révèlent que les bois ne sont presque jamais créés pour un « discours véritable » mais réemployés depuis d’autres corpus et que les images visent parfois à provoquer un effet de réel, à attirer le lecteur voire à susciter l’effroi ou à matérialiser la colère divine.

Ensuite, à travers une intervention « Entre la propaganda y la subversión : la literatura de patíbulo en la España de la Edad Moderna », Alejandro Llinares Planells analyse un corpus de récits d’exécutions diffusés dans l’Espagne du XVIIIe siècle, en particulier les chansons catalanes, qui accordent aux événements judiciaires une dimension exemplaire. Le message de ces documents se veut moralisant et édifiant, en accord avec les exigences du pouvoir, mais leur réception, souvent détournée, fait ressortir une distance entre le discours institutionnel et l’appropriation populaire. Leur large diffusion témoigne d’une culture médiatique structurée, à l’intersection du politique et du spectaculaire.
Jeudi après-midi : image et propagande
L’exploration de l’axe « rôle de l’image » se poursuit avec trois communications :
- « Une boutique de papier : les stratégies publicitaires des géographes français (XVIIe-XVIIIe siècle) » (Geoffrey Phelippot)
- « La guerre des boîtes d’allumettes : Républicains et Carlistes pendant le Sexenio Democrático » (Hernán Rodríguez Vargas)
- « Digital Tools for the Study of Cheap Print’s Images: a Spanish Case » (Juan Gomis)
Trois autres communications viennent nourrir l’axe « propagande et censure ». Marianne Cailloux propose une analyse intitulée « Les imprimés du Saint-Suaire de Turin : un support de la promotion savoyarde ? » qui interroge la manière dont, dans les années 1630–1640, la gazette de Turin et une série de 29 imprimés autour du Saint-Suaire participent à la construction de l’identité politique et religieuse de la maison ducale de Savoie. Loin de constituer de simples objets de dévotion, ces imprimés s’inscrivent dans un dispositif de communication complexe, orchestré notamment par la princesse Christine de France et ses conseillers. L’étude identifie une hypermédiatisation de motifs symboliques, à la croisée de dynamiques familiales, diplomatiques, religieuses et commerciales, révélant une stratégie aulique élaborée. Cette exploration d’un corpus constitué de plusieurs médias politiquement intriqués ouvre de stimulantes perspectives sur le concept de propagande durant la première Modernité.
Émile Thonar lui succède avec une intervention qui poursuit la mise au jour des stratégies à l’œuvre dans la diversification des supports médiatiques : « Les ephemera jesuitica, outils et témoins de la construction du réseau jésuite en province gallo-belge (1600–1670) ». Il rappelle d’abord que la Compagnie de Jésus, ordre bibliographique par excellence, est souvent appréhendée à travers ses grandes œuvres de théologie ou de controverse. Pourtant, de nombreux imprimés occasionnels permettent de documenter son ancrage local. Ces ephemera jesuitica — chants dédicatoires, pièces de théâtre, recueils factices — constituent des supports essentiels pour comprendre les relations entre l’ordre et les personnalités régionales. Le chercheur insiste sur la diversité typologique et fonctionnelle de ces documents et sur les modes variés de leur diffusion. Ces documents longtemps négligés manifestent une volonté d’inscription territoriale tout en reflétant l’universalité revendiquée de la Compagnie.

La session se clôture avec une étude consacrée à « La guerra de los opúsculos: el uso de las publicaciones efímeras por parte de los diputados de la Convención ». Miguel Aguirre Bernal y met en évidence comment, au cours de la Révolution française, les pamphlets deviennent des instruments de combat politique privilégiés car leur triple efficacité – rédactionnelle, matérielle, et diffusionnelle – permet de répondre à l’urgence du débat public. L’analyse du cas de Gabriel Bouquier met au jour une rhétorique fondée sur une opposition entre un passé oppressif et un présent utopique révolutionnaire ainsi que les multiples canaux de publication exploités. L’étude du positionnement éditorial, des adresses et des réseaux d’imprimeurs permet de comprendre comment se construit, à travers l’éphémère, une stratégie de conquête de l’opinion.
JEUDI APRèS-MIDI : ACTUALITé DE LA RECHERCHE
Pour terminer la journée, une poster session permet à quatre chercheurs de faire le point sur la recherche et décrire des travaux en cours. Quatre affiches, exposées du début à la fin du congrès, font alors l’objet d’une brève présentation.
Un poster intitulé « History, Iconography, Concepts and Symbols. A new look at the history of Spain through the visual discourse of political caricature » inaugure la session. À partir d’un corpus composite issu d’une dizaine de dépôts d’archives, Luis Fernández Torres élabore une relecture de l’histoire politique de l’Espagne à travers l’iconographie satirique. L’objectif est d’identifier, sur la longue durée (1836–1977), les continuités et ruptures dans les codes visuels de la caricature politique. Pour ce faire, le projet mobilise les outils du pictorial turn, du structuralisme et de la théorie de la réception, dans une perspective résolument transdisciplinaire.
Esther Solé i Martí présente ensuite son projet « ExposCAT: towards a clear portrait of Catalonia’s exhibition history ». Cette recherche s’attache à renouveler l’histoire des expositions organisées en Catalogne depuis 1939 à partir d’un large corpus documentaire constitué de brochures, catalogues et coupures de presse. Les informations recueillies sont indexées dans une base de données permettant une exploitation statistique fine, avec pour ambition de produire un relevance index et d’évaluer l’impact des réseaux artistiques sur le succès des événements. Le projet éclaire ainsi les logiques d’interaction entre production artistique, médiation institutionnelle et réception publique.
La parole est ensuite donnée à Marie Verbiest qui présente les recherches doctorales qu’elle conduit au sein du projet FNS « Capturing the present in Northwestern Europe ». Cette thèse vise à cerner le rôle des imprimés dans la médiatisation de l’actualité à l’époque moderne. À travers une approche comparative mêlant analyses quantitative et qualitative, elle s’interroge sur la manière dont l’imprimé a contribué à transformer la perception du temps et à « fabriquer » l’événement. Sept cas d’étude, choisis pour leur diversité (en termes de type d’événement, de durée et d’aire géographique), servent de point d’ancrage pour mesurer l’écho médiatique d’événements contemporains dans l’Europe du Nord-Ouest. Ces recherches s’inscrivent dans le Work package 2 du projet Capturing the present in Northwestern Europe, « Events as milestones in the conception of time ».

Enfin, la base de données développée dans le cadre du projet Desenrollando el cordel / Démêler le cordel / Untangling the cordel, financé par la Fondation philanthropique Famille Sandoz-Monique de Meuron, fait l’objet d’une présentation par Elina Leblanc au sein d’un poster intitulé « The Desenrollando el cordel database and its features ». Cette ressource numérique permet l’exploration d’un vaste corpus d’imprimés espagnols et brésiliens de colportage (912 ouvrages espagnols, 1584 gravures, 2200 ouvrages brésiliens). La base comprend une édition numérique (transcriptions avec technologie HTR, fac-similés), un catalogue iconographique, un short-title catalogue ainsi qu’une série d’outils d’analyse, de recherche et d’exportation. Elle ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour l’étude littéraire, bibliographique et visuelle de ces documents populaires. Le poster souligne la fécondité d’une approche pluridisciplinaire et réaffirme la place des imprimés éphémères parmi les objets centraux des recherches actuelles.

VENDREDI MATIN
La seconde journée du congrès s’ouvre par deux nouvelles sessions, dont l’une est consacrée à l’axe « rôle de l’image » et comporte trois communications :
- « From “popular cyclopaedias” to juvenile pastimes: the transnational evolution of illustrated broadsides (1700-1900) » (Elisa Marazzi)
- « Des images contre l’image : pratiques de montage et de détournement dans les éphémères avant-gardistes du XXe s. » (Olivier Belin)
- « L’affiche pacifiste de Hans Erni de 1954. Pratiques et acteurs de la censure et de la contre-censure en Suisse » (Jean-Charles Giroud)
Au sein de la session consacrée à l’axe « propagande et censure », Morten Schneider inaugure les échanges avec une présentation sur « Le “crocheteur de la Samaritaine” : Une “statue parlante” parisienne, porte-voix d’une opinion pamphlétaire censurée ». Il y étudie un personnage anonyme — sonneur de cloches ou crocheteur — mis en scène dans plusieurs imprimés satiriques autour du siège de Genève (1611). Cette figure fonctionne comme un dispositif de contournement de la censure et permet une critique virulente du pouvoir. L’analyse met en évidence la stratégie éditoriale qui consiste à incarner une parole populaire à travers une figure marginale, et la fortune de ce motif au moment de l’assassinat de Concino Concini (1617), preuve de sa résonance dans l’opinion publique.

Ensuite, dans une communication intitulée « Transgression and Constraint in Sixteenth-Century Songs: Exploring the Love and Gender Ideology from the Pliegos Sueltos of the Iberian Peninsula », Blanca Berjano s’intéresse à l’évolution des représentations de l’amour et des rôles de genre dans les pliegos sueltos, ces feuillets poétiques largement diffusés dans la péninsule ibérique au XVIe siècle. Elle fait observer que le paradigme médical et religieux dominant — décrivant l’amour comme une maladie aux implications morales — se transforme progressivement. Ces chansons développent une idéologie amoureuse spécifique, qui valorise la femme idéalisée et inatteignable. Une lecture féministe permet de révéler les mécanismes performatifs et répétitifs de ces textes, qui contribuent à construire des normes hétérocentrées et à renforcer une certaine vision genrée des relations affectives.
Enfin, à partir d’un arrêt du Conseil du 7 septembre 1701 imposant un examen préalable pour les brochures de moins de deux pages, Marie-Dominique Leclerc clôture la session avec son intervention « Bibliothèque bleue : variations sur la censure », qui analyse les nouvelles formes de contrôle mises en œuvre sur des publications jusqu’alors épargnées par la censure. Par l’étude de plusieurs cas concrets, la chercheuse souligne le rôle ambigu des censeurs, à la fois garants de la morale et parfois eux-mêmes auteurs. Les retranchements ou altérations visent principalement des passages jugés scabreux, en particulier dans la littérature facétieuse. L’intervenante souligne le caractère souvent peu rigoureux de ces opérations, qui peuvent altérer la cohérence du récit.
La matinée s’achève avec deux sessions, dont l’une poursuit l’exploration de l’axe « propagande et censure » à travers deux communications :
- « L’affaire Soleilland, ou comment faire avorter un projet d’abolition de la peine de mort » (Philippe Nieto)
- « La Flamidienne. Lille, 1899 : canards et complaintes au cœur de la lutte anticléricale » (Jean François Heintzen)
La session relevant de l’axe « rôle de l’image » s’ouvre sur une communication de Marion Pouspin qui présente une communication sur « Les images dans les occasionnels du royaume de France (des années 1480 à 1561) : illustrer l’actualité ? ». Elle s’attache à analyser les pratiques illustratives dans les pièces gothiques, ces imprimés éphémères diffusés au début du XVIe siècle. Les illustrations, peu nombreuses, occupent des emplacements stratégiques (page de titre, dernière page) et se caractérisent par leur schématisme et leur réemploi fréquent, souvent jusqu’à l’usure. Quelques documents singuliers permettent d’identifier des ex périmentations graphiques : insertion dans le corps du texte, usage de la couleur, multiplication des vignettes. En conjuguant approche quantitative et micro-études de cas, l’analyse cerne la tension entre exigence de lisibilité, contrainte matérielle et volonté de capter visuellement l’attention du lecteur.
Une présentation intitulée « Des images sidérantes. Sur quelques imprimés de phénomènes célestes au XVIe siècle » conclut la session. Florian Métral y expose une étude inscrite dans le cadre du projet Spectacles célestes et portant sur un corpus de feuilles volantes illustrées relatant des phénomènes atmosphériques, publiées dans les territoires protestants au XVIe siècle. Ces documents reprennent le modèle typographique de la Météorite d’Ensisheim (1492), structurant le texte autour d’une image centrale, souvent spectaculaire et parfois coloriée. Ces imprimés visent à provoquer la sidération du lecteur, à réactiver des récits exemplaires du passé et à inscrire l’événement céleste dans une temporalité du présent. La perspective structuraliste adoptée par le chercheur permet d’identifier des résultats à la fois solides et stimulants sur e rôle central de l’image : cette dernière traduit le prodige, produit un effet de réel et articule l’émerveillement avec une fonction pédagogique et mémorielle.

VENDREDI APRES-MIDI
La dernière session croise les deux axes du congrès, mêlant les dimensions visuelles et politiques des imprimés téphémères. Elle s’ouvre par ma propre présentation sur « Les “avis au lecteur” de Guillaume Chaudière et Jean Pillehotte : deux imprimeurs-libraires actifs dans les marges des libelles ligueurs entre Paris et Lyon (1588–1589) ». Inscrite dans l’axe « propagande et censure », cette intervention s’attache à interroger, à partir d’un corpus resserré, les usages politiques du péritexte à la fin des guerres de Religion. En mobilisant les outils théoriques développés par Gérard Genette, l’étude vise à analyser les avis au lecteur comme lieux privilégiés de médiation idéologique, où se joue la réception du discours ligueur. L’enquête reconstitue les stratégies adoptées par Guillaume Chaudière et Jean Pillehotte pour encadrer la diffusion des libelles et garantir l’efficacité rhétorique du message politique catholique. Ces documents révèlent, au-delà de leur fonction didactique, une visée polémique, religieuse et sociale, inscrivant pleinement ces acteurs de l’imprimé dans les logiques militantes de la Ligue.

La séance se poursuit avec une communication sur « L’iconographie du Véritable Messager boiteux de Berne et Vevey : la place des images dans un almanach populaire au XVIIIe siècle », rattachée à l’axe « rôle de l’image ». Bérangère Poulain s’y intéresse à la planche de couverture de ces almanachs suisses, diffusés également dans l’Est de la France, qui représente une scène de genre influencée par la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Une analyse iconographique cerne un glissement de la figure du noble vers celle d’un homme du peuple, qui témoigne à la fois d’un changement de public cible et d’une revendication populaire à intervenir dans le débat social et politique. Plusieurs exemples font ressortir comment les motifs iconographiques sont recyclés et adaptés pour construire un discours politique visuel. L’examen attentif d’un corpus méconnu révèle que des imprimés ancrés dans un contexte local peuvent offrir des clés d’interprétation éclairant des dynamiques de plus large portée.
Une conférence prononcée par Jean-François Botrel, intitulée « Voir, lire, écouter les images des imprimés de colportage », clôture le congrès. À partir d’un large corpus d’imprimés populaires — romances de cordel, pliegos de aleluyas, emballages illustrés pour confiseries ou cigarettes —, il développe une réflexion sur le statut et les fonctions de l’image dans ces objets. L’image y est à la fois crainte, convoitée, et interprétée : elle suspend le récit, suscite un imaginaire et induit des lectures multiples. Le chercheur souligne notamment la manière dont certaines illustrations sont accompagnées d’un commentaire oral ou textuel, ou provoquent un commentaire chez le lecteur. L’image, dans ces supports, constitue un vecteur de savoir, d’émotion et de désir, à la croisée des usages pédagogiques, esthétiques et politiques. Reprenant des motifs types de publication en publication, elle participe à la fabrication d’un langage visuel partagé tout en conservant une puissance interprétative singulière.
CONCLUSION
Ce congrès a permis de mesurer avec acuité la richesse et la diversité des recherches actuelles sur les imprimés éphémères, en croisant approches historique, littéraire, iconographique et numérique. L’axe « propagande et censure » a démontré la capacité de ces objets à structurer des prises de parole politiques, religieuses ou judiciaires, tout en révélant les tensions entre intention éditoriale et réception publique. L’axe « rôle de l’image » a souligné combien la dimension visuelle participe à la construction du sens, dans ses formes les plus spectaculaires comme dans ses usages les plus ordinaires. Enfin, l’axe « actualité de la recherche » a été éloquent quant à l’élan collectif qui anime ce champ en plein renouvellement, à travers des outils numériques, des enquêtes de terrain et des initiatives collaboratives.
Au-delà des communications elles-mêmes, cette deuxième rencontre a confirmé la solidité d’une communauté de recherche en pleine structuration. Les rencontres et les retrouvailles depuis le premier congrès ont donné lieu à des échanges nourris, témoignant de la continuité des dialogues amorcés. Le public, nombreux et attentif, comptait aussi bien des jeunes chercheurs que des collègues plus expérimentés, souvent réunis par l’implication croisée dans différents projets collectifs. Ces cadres collaboratifs ont largement contribué à la vitalité des discussions, dans les sessions comme en marge de celles-ci.

Dans une atmosphère à la fois studieuse et chaleureuse, le congrès a ainsi offert un espace propice à l’élaboration d’une archéologie des formes brèves et mobiles de l’imprimé. Située au carrefour de l’histoire du livre, de la sociologie de la lecture et des media studies, l’étude de ces imprimés modestes ouvre sans cesse de nouveaux outils, de nouveaux objets et un regard inédit sur les cultures écrite, visuelle et orale des temps anciens, tout en éclairant des enjeux toujours actuels de communication, de médiatisation et de circulation des savoirs.













