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Compte rendu : “Une Place dans le temps : Une école d’été pour l’étude des femmes et de la temporalité en Europe à la période moderne” (6-8 juillet, Université de Lille)

Billet rédigé par Agathe Bonnin et Léon Rochard

EN

Att. Jacques Callot, Vieille Femme les mains étendues au dessus d’un brasier, XVIe siècle. Plume et encre brune, lavis brun sur papier, 14,2 x 9,9 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts. Cliché C. Simoulin © Palais des Beaux-Arts de Lille

Dessin attribué à Jacques Callot présenté lors de la visite des collections d’arts graphiques par Patricia Truffin. Il fonctionne à la fois comme allégorie du grand âge et de l’hiver, mais aussi comme représentation artistiquement expressive du monde paysan, que Callot fera ensuite imprimer dans sa série des Gueux.

Du 6 au 8 juillet 2026 s’est tenue l’école d’été « A Place in Time : A Summer School for the Study of Women and Temporalities in Early Modern Europe », organisée par Léon Rochard (Université de Lille, membre du projet Capt.) et Agathe Bonnin (CY Cergy Paris Université, membre du projet AGENART) dans le cadre du projet « Capturing the Present in Northwestern Europe (1348–1648) ». L’événement était organisé avec le laboratoire HARTIS (Université de Lille) et hébergé dans ses locaux ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts de Lille, avec le soutien d’une bourse de l’Institut du Genre. L’objectif de l’école d’été était d’aider les participant·es à développer une réflexion interdisciplinaire sur l’intersection entre le genre et le temps à la période moderne. Les présentations et échanges qui se sont tenus à cette occasion donneront lieu à une publication collective, prévue début 2027 sur le carnet hypothèses du projet, avec un profil détaillé des participant·es. 

6 juillet 2026

Clara Peeters, Nature morte, v. 1611. Huile sur panneau, 55 x 73 cm. Madrid, Musée du Prado.

Le couteau, clairement mis en avant dans la composition et que l’on serait tenté de saisir, arrête le regard par la signature de l’artiste, gravée dans le manche. Comme Annelies Verellen l’a montré, il ressemble bien aux couteaux de mariage traditionnellement offerts aux femmes à cette époque. Ici, le statut de femme mariée est montré comme indissociable de l’image que Clara Peeters construit d’elle-même en tant qu’artiste.

La première journée de l’école d’été s’est ouverte sur une introduction générale présentée par Agathe Bonnin et Léon Rochard. Il s’agissait d’exposer les principaux enjeux posés par l’intersection entre genre et temporalité à l’époque moderne, et d’introduire les différents cadres méthodologiques auxquels les participant·es étaient invité·es à réfléchir. Des études de cas spécifiques ont permis d’ouvrir la conversation sur les similitudes et différences entre les contextes britannique, français, espagnol, et néerlandais. 

Après un échange autour des questionnements spécifiques à chaque participant·e, tels que l’utilisation de concepts et cadres de pensée contemporains issus des études de genre, queer ou décoloniales pour étudier la période moderne, nous avons écouté les présentations d’Annelies Verellen (doctorante à McGill University, Montréal), Femke Valkhoff (doctorante à l’Université d’Utrecht) et Chenyang Ma (masterante à KU Leuven). La présentation d’Annelies Verellen s’intitulait « Domina Domus: The Knife as a Moral Compass and Promotional Tool for the Woman Artist ». Elle y étudiait le couteau de mariage intégré par Clara Peeters dans certaines natures mortes en tant qu’outil affirmant son autorité artistique en même temps que son rôle comme femme et épouse – lié à une certaine façon d’habiter le temps – mais aussi de se placer dans une tradition de la signature au long court. Femke Valkhoff a ensuite exposé un pan de ses recherches doctorales sous le titre « Lucretia Christina van Bochoven. Intellectual Self-development and Lifelong Learning ». À travers la correspondance et les poèmes de Lucretia Christina van Bochven, elle explorait la temporalité et spatialité de l’apprentissage des filles van Bochen dans leur enfance, mais aussi la façon dont l’apprentissage continuait, sous d’autres formes, à d’autres étapes de sa vie – en particulier pendant sa réclusion. Enfin, Chenyang Ma a présenté un papier tiré de son travail de master, « Love magic and the entangled world behind its practice in the seventeenth-century New Mexico ». Elle a exposé aux autres participant·es et intervenantes invitées les questions méthodologiques auxquelles elle fait face à cette étape de sa recherche, en particulier la difficulté d’étudier des personnes triplement marginalisées — du fait de leur place dans le système colonial, leur position sociale et leur genre — dont on ne conserve pas d’écrits à la première personne. 

Laura Bass, professeure à l’Université de Brown, a ensuite exposé dans une conférence cadre ses réflexions sur la temporalité dans la vie d’Estefanía de la Encarnación, une moniale espagnole qui fut à la fois peintre et écrivaine. Sa conférence mobilisait à la fois la théorie littéraire sur la temporalité de l’autobiographie et l’historiographie récente sur l’expérience des religieuses dans la Monarchie hispanique du XVIIe siècle, offrant de riches pistes méthodologiques. La journée s’est terminée par un atelier paléographique collaboratif sur deux textes du XVIIe siècle, en néerlandais et en espagnol. Les participant·es ont pu y développer leurs capacités de déchiffrement mais aussi d’analyse critique de diverses typologies de sources primaires, en tant qu’outils pour comprendre les temporalités des femmes à l’époque moderne. 

7 juillet 2026

Nicolaes Maes, Jeune Femme à sa couture, 1655. Huile sur panneau, 55,6 x 46,1 cm. Londres, Mansion House.

Dans son article, Hanneke Grootenboer attire l’attention de ses lecteur·ices sur la proximité entre certaines représentations du travail textile féminin et les images de penseurs et de philosophes aux Pays-Bas du XVIIe siècle. Elle y montre également que le travail textile pouvait être perçu par les femmes qui le pratiquaient comme un temps de réflexion intellectuelle.

Lors de la deuxième journée se sont tenues les présentations de Jasper Martens (doctorant à l’Université de Californie, Santa Barbara), Elie Pretot (doctorante à l’École Normale Supérieure de Paris et à l’Université Toulouse Jean-Jaurès), et Oana Stan (chercheuse indépendante, fondatrice du projet Women of Haarlem).  

Dans sa présentation de intitulée « Playing with Time: Identity and Queer Temporality in Seventeenth-Century Portrait Miniatures with Mica Overlays », Jasper Martens a détaillé ses recherches sur un corpus de portraits miniatures sur lesquels pouvaient être superposées des accessoires, costumes, décors, et personnages peints sur des calques transparents. Il y proposait une analyse de ces objets en tant que technologies matérielles offrant la possibilité d’explorations et transformations identitaires (sociales, géographiques, de genre), en réfléchissant aux différentes manières dont ce jeu pouvait engager un rapport particulier au temps. Elie Pretot a ensuite exposé une réflexion intitulée « Staging the Old Witch in 16th-Century Drama. Challenges and Implications ». Centrée sur le début de la chronologie de sa thèse, cette communication interrogeait les méthodes et sources à disposition pour comprendre l’archétype de la vieille sorcière dans le théâtre en lien avec la culture visuelle contemporaine. Enfin, Oana Stan a présenté les premières étapes de son projet de recherche actuel : « Synecdoche, Rubens. Olfaction, Food, and the Performance of Wealth in a Patrician Home ». Elle y expliquait le choix de ce cas d’étude, et posait les bases d’une étude de la cuisine comme lieu où se structure, matériellement et sensoriellement, la temporalité genrée dans le lieu de travail d’un artiste de l’époque moderne.

Catherine Powell-Warren, professeure assistante à KU Leven, a conclu la matinée avec une conférence cadre intitulée « Through the Lens of Time: Women, Art, and Praxis », recontextualisant la pratique d’artistes telles que Maria Sibylla Merian, Rachel et Anna Ruysch, ainsi qu’Anna Maria Janssens par rapport aux différentes temporalités genrées dans lesquelles elles étaient prises (leur mariage, leurs grossesses, les tâches ménagères, l’éducation et l’entraînement artistique de leurs enfants). Ceci a permis de mieux comprendre le fonctionnement de leur atelier ou leur rôle dans l’entreprise familiale, mais aussi d’interroger en profondeur des prémices traditionnels de la recherche en histoire de l’art, comme ce que l’on désigne par les mots d’artiste ou de création. 

Dans l’après-midi se sont tenus deux ateliers bibliographiques animés respectivement par Hanneke Grootenboer (professeure à l’Université d’Amsterdam) et Saskia Beranek (professeure à l’Illinois State University). L’atelier dirigé par Hanneke Grootenboer consistait en une discussion méthodologique basée sur les recherches des participant·es et sur leur lecture de son article « Sewing as a Form of Thinking: The Needle versus the Pen in the Dutch Republic » (The Art Bulletin, février 2026). Le dialogue a exploré l’importance des questions de temporalité dans la querelle des femmes, et la nécessité de prendre en compte l’agentivité des spectatrices face à des œuvres souvent interprétées de manière univoque comme des outils de disciplinement du temps des femmes, pour faire apparaître des modes de consommation plus divers de celles-ci. Saskia Beranek a ensuite parlé de son ouvrage paru en 2026 chez Routledge, The Cultural Work of the Early Modern Dutch Portrait. Amalia van Solms and the Shape of the Self in European Art, où elle explore l’inscription spatiale et temporelle d’Amalia van Solms au pouvoir au travers de la distribution spatiale de son palais et du décor de ce dernier. Elle a exposé les recherches doctorales dont il était issu, mais aussi le long travail de transformation de ces recherches en un ouvrage publiable, ouvrant une réflexion sur les changements de paradigme historiographique amené dans les dernières décennies par les études sur le genre. 

8 juillet 2026

Erasmus Quellinus le jeune, Jésus chez Marthe et Marie, entre 1650 et 1675. Huile sur toile, 113,2 x 163,5 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts.

L’interprétation par Erasmus Quellinus le jeune du thème de Jésus chez Marthe et Marie thématise parfaitement les questionnements autour des impératifs temporels qui incombaient aux femmes à la période moderne, par cette diagonale qui oppose le temps passé à s’occuper des tâches ménagères (Marthe) à celui passé à méditer sur les paroles du Christ (Marie).

Le troisième et dernier jour de l’école d’été s’est déroulé au Palais des Beaux-Arts de Lille, où les participant·es étaient invité·es à présenter des recherches préparées pour l’occasion sur une série d’objet sélectionnés par les organisateur·ices en concertation avec l’équipe des conservateur·ices. La matinée était consacrée aux collections de peintures, suivant un parcours établi avec l’appui de Donatienne Dujardin. Nous avons été accueillis l’après-midi dans le cabinet des dessins et estampes par Patricia Truffin, pour étudier une série d’œuvres choisies avec l’aide de Cordélia Hattori. La journée s’est terminée dans les collections de médailles, à propos desquelles nous avions échangé avec François Becuwe. Outre les présentations des participant·es sur le corpus d’objet sélectionnés, Léon Rochard a proposé un atelier méthodologique autour d’une des médailles exposée, commanditée pour Marguerite de Parme en 1567, à propos de laquelle il avait déjà publié sur le présent blog

Nous remercions chaleureusement les participant·es et invitées pour la qualité des échanges, ainsi qu’Aurélie Gyselinck, Thibaut Foutreyn, Christine Aubry et l’Institut du Genre pour leur accompagnement. À bientôt pour la publication des résultats ! 

Programme

A propos des organisateur·ices

Agathe Bonnin (elle) est docteure en Histoire de l’art et en Études hispaniques par l’Université autonome de Madrid et CY Cergy Paris Université. Ses recherches doctorales ont mis en évidence la contribution des femmes à la culture visuelle et matérielle du culte à l’eucharistie à la cour d’Espagne au XVIIe siècle. Actuellement chercheuse postdoctorale au sein du projet ERC JestArt, elle étudie les représentations de corps jugés “extraordinaires” dans les cours européennes au XVIIe siècle, pour comprendre la production et les usages de ces images et leur place dans l’historiographie et le canon artistique – avec une attention particulière au genre performé par ces corps. 

Léon Rochard (il/iel) est chercheur postdoctoral au sein du projet Capt. Son profil est disponible sur le présent blog.

Event Report : “A Place in Time: A Summer School for the Study of Women and Temporalities in Early Modern Europe” (6-8 July, Université de Lille)

Written by Agathe Bonnin and Léon Rochard

FR

Att. Jacques Callot, Old Woman warming her Hands by Hot Coals, sixteenth century. Pen in brown ink, brown wash on paper, 14.2 x 9.9 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts. Picture by C. Simoulin © Palais des Beaux-Arts de Lille

A drawing attributed to Jacques Callot presented by Patricia Truffin during our visit to the prints and drawings department. It works both as an allegory of old age and the winter and as an artistically expressive representation of peasantry, which Callot printed as part of his series of “gueux”.

The summer school “A Place in Time: A Summer School for the Study of Women and Temporalities in Early Modern Europe”, organised by Léon Rochard (Université de Lille and member of the project) and Agathe Bonnin (CY Cergy Paris Université and member of project AGENART) as part of the Sinergia project “Capturing the Present in Northwestern Europe (1348–1648)”, took place between 6 and 8 July 2026. The event was co-organised with and hosted by HARTIS (Université de Lille), as well as the Palais des Beaux-Arts in Lille, with the support of a grant from the French Institut du Genre. The aim of this summer school was to help participants develop an interdisciplinary reflection at the intersection of gender and time in the early modern period. The papers presented at this event and subsequent discussions will be published online in early 2027 on the project website, along with a profile for each participant.

6 July 2026

Clara Peeters, Still-Life, c. 1611. Oil on panel, 55 x 73 cm. Madrid, Museo del Prado.

The knife, clearly emphasised in the composition and which we are tempted to grab, catches the viewer’s gaze with the artist’s signature, engraved into the handle. As Annelies Verellen has shown, it looks like wedding knives traditionally gifted to women of that time. Here, marital status cannot be dissociated from the self-image that Clara Peeters is trying to build as an artist.

The first day began with a general introduction presented by Agathe Bonnin and Léon Rochard. They exposed the main challenges and questions raised by research on gender and temporality in the early modern period and presented several relevant methodological frameworks to be discussed among participants. Specific case studies open the path to debates about the similitudes and differences between the British, French, Spanish, and Dutch contexts.

After discussing methodological questions that were more specific to each participant, such as the applicability of contemporary concepts and frameworks stemming from gender studies, queer theory, or decolonial studies to the early modern context, we listened to papers presented by Annelies Verellen (doctoral student, McGill University, Montréal), Femke Valkhoff (doctoral student, Utrecht University), and Chenyang Ma (masters student, KU Leuven). Annelies Verellen’s paper was titled “Domina Domus: The Knife as a Moral Compass and Promotional Tool for the Woman Artist”. She presented the wedding knife integrated by Clara Peeters in some of her still-life paintings as a tool to establish her artistic authority, her status as a woman and a wife – implying certain ways of inhabiting time – but also as a manner of inscribing herself in a legacy of artists signing their work. Femke Valkhoff then exposed part of her doctoral research with a presentation entitled “Lucretia Christina van Bochoven. Intellectual Self-development and Lifelong Learning”. Comparing Lucretia Christina van Bochoven’s letters and poems, she explored both the temporality and spatiality of the Bochoven daughters’ education, as well as the ways in which learning carried on, under different modes, at other stages of her life, in particular during her incarceration. Lastly, Chenyang Ma presented a paper motivated by her masters research, “Love Magic and the Entangled World Behind its Practice in Seventeenth-Century New Mexico”. She introduced the other participants and invited speakers to the methodological questions she was facing at this stage of her research, in particular the difficulty of studying triply marginalised individuals – on account of their place within the colonial system, their social status, and gender – from whom no first-person testimonies have been preserved.

Laura Bass, professor at Brown University, then gave a keynote presentation on temporality in the life of Estefanía de la Encarnación, a Spanish nun as well as a painter and a writer. Her conference invoked both literary theory on the temporality of autobiography and recent research on religious women’s life under the seventeenth-century Spanish Monarchy, offering rich methodological possibilities. The first day ended on a collective palaeography workshop on two seventeenth-century documents, in Dutch and in Spanish. Participants were able to hone their deciphering skills as well as their critical approach of different types of primary sources as tools to understand women’s temporalities in the early modern period.

7 July 2026

Nicolaes Maes, Young Woman Sewing, 1655. Oil on panel, 55.6 x 46.1 cm. London, Mansion House.

In her 2026 paper, Hanneke Grootenboer suggested a strong proximity between certain representations of women’s textile work and images of thinkers and philosophers in the seventeenth-century Netherlands. She showed that textile work could be perceived by the women who practiced it as a time of intellectual reflexion.

On the second day, we listened to papers presented by Jasper Martens (doctoral student, University of California, Santa Barbara), Elie Pretot (doctoral student, Ecole Normale Supérieure de Paris, Université Toulouse Jean-Jaurès), and Oana Stan (independent researcher, founder of the Women of Haarlem project).

In his paper titled “Playing with Time: Identity and Queer Temporality in Seventeenth-Century Portrait Miniatures with Mica Overlays”, Jasper Martens introduced us to his research on a corpus of miniature portraits on which accessories, costumes, décors, as well as characters painted on transparent layers could be superposed. He offered an analysis of these objects as material technologies that made it possible to explore and transform one’s identity (socially, geographically, or from a gendered point of view), discussing the different ways in which this game could involve the user’s relationship to time. Elie Pretot then proposed a reflection titled “Staging the Old Witch in 16th-century Drama. Challenges and Implications”. Centred on the beginning of the period on which her research focuses, this paper questioned the methods and sources available to understand the archetype of the old witch in the theatre in connection with the visual culture of the time. Lastly, Oana Stan presented the early stages of her current research project, “Synecdoche, Rubens. Olfaction, Food, and the Performance of Wealth in a Patricipan Home”. She explained her choice of case study and introduced her project of researching the kitchen as a place that materially and sensorially structured gendered temporalities in an artist’s workplace.

Catherine Powell-Warren, assistant professor at KU Leuven, concluded the morning talks with a keynote entitled “Through the Lens of Time: Women, Art, and Praxis”, in which she contextualised the practice of artists such as Maria Sibylla Merian, Rachel and Anna Ruysch, as well as Anna Maria Janssenss, in relation with the gendered temporalities in which they were entangled (their marriage, pregnancies, chores, and their children’s education and artistic training). This made it possible to understand how their workshop functioned or what their role was in the family enterprise, but also to profoundly question traditional premises in art-historical research, such as what falls under the concepts of “artist” or “creation”.

In the afternoon were held two different reading workshops, chaired respectively by Hanneke Grootenboer (Professor at the University of Amsterdam) and Saskia Beranek (Associate professor at Illinois State University). Hanneke Grootenboer’s reading workshop consisted in a methodological discussion based on the participants’ research in relation to her paper “Sewing as a Form of Thinking: The Needle Versus the Pen in the Dutch Republic” (The Art Bulletin, Feb. 2026). This dialogue highlighted the importance of temporality in the querelle des femmes and the necessity to account for the agency of female viewers towards artworks commonly interpreted as aiming to discipline how they use their time, to instead explore more diverse modes of consumption. Saskia Beranek then discussed her book published a few months before by Routledge, The Cultural Work of the Early Modern Dutch Portrait. Amalia van Solms and the Shape of the Self in European Art, where she explores Amalia van Solms’s spatial and temporal inscription in the history of Dutch power, through an analysis of the spatial distribution of her palace and its décor. She presented her doctoral research from which her book derives, as well as the long process of turning it into a publication, opening a reflexion on the paradigmatic changes brought about by gender studies in the past few decades.

8 July 2026

Erasmus Quellinus The Younger, Jesus Visiting Martha and Mary, between 1650 and 1675. Oil on canvas, 113.2 x 163.5 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts.

Erasmus Quellinus’s interpretation of Jesus visiting Martha and Mary perfectly encapsulates early modern debates about the temporal incentives weighing on women, through the diagonal that oppose time spent on chores (Martha) and time spent on reflecting about Jesus’s teachings.

The third and final day of the summer school took place at the Palais des Beaux-Arts de Lille, where participants were invited to present research on a series of objects selected by the organisers, in collaboration with the curatorial team. In the morning, we visited the paintings collection, following a route elaborated with Donatienne Dujardin. In the afternoon, we were welcomed to the department of prints and drawings by Patricia Truffin, to study a series of works chosen with the help of Cordélia Hattori. We finished the day in the collection of medals, about which we had previously exchanged with François Becuwe. Other than the participants’ presentations on the selected corpus, Léon Rochard organised a method-oriented workshop around one of the medals on view, commissioned for Margaret of Parma in 1567, about which he has already published on this website.

Our warmest thanks go to the participants and invited speakers for the quality of our exchanges, as well as Aurélie Gyselinck, Thibaut Foutreyn, Christine Aubry, and the Institut du Genre for their support. Stay tuned for the publication!

Programme

About the organisers

Agathe Bonnin (she/her) is a doctor of Art History and Spanish Studies from Cergy Paris Université and the Universidad Autónoma de Madrid. Her doctoral research focused on women’s contribution to and uses of the visual and material culture surrounding the eucharist at the royal court of the Hispanic Monarchy during the 17th century. Now a postdoctoral researcher at ERC project JestArt, she studies representations of bodies deemed “extraordinary” in 17th century European courts, to better understand the production and uses of these images in the early modern era, and their place in the contemporary art historiography and cultural canon – with a focus on gender.

Léon Rochard (he/they) is a postdoctoral researcher within the project. His profile is available on the project website.

Pépite : De l’échec au monument : l’intelligence temporelle de la médiatisation du départ des Pays-Bas de Marguerite de Parme (1522–1586) en 1567

Billet rédigé par Léon Rochard

Dans ma dernière pépite, j’avais étudié la médaille conçue par Francesco de Marchi et frappée par Jacques Jonghelinck pour Marguerite de Parme en 1567. Je l’ai analysée comme une tentative de maîtriser l’image de l’ancienne gouverneure des Pays-Bas au moment de sa démission, alors qu’elle ne parvenait plus à convaincre Philippe II de sa capacité à maîtriser la situation politique. Cette étude m’a conduit à m’interroger sur l’agentivité de Marguerite sur cette image et sur la manière dont celle-ci était partagée entre elle et ses proches conseillers. Dans la présente contribution, je souhaiterais prolonger cette réflexion en examinant plus largement les stratégies de médiatisation qui accompagnent ce départ. Il s’agit de montrer comment ces stratégies s’adaptent au contexte politique immédiat, aux contraintes qu’il impose comme aux occasions qu’il ouvre, et de s’interroger sur leur efficacité réelle dans la construction et la diffusion d’une image publique de Marguerite de Parme.

Dans une lettre du 2 novembre 1567 écrite au secrétaire d’Octave Farnèse (1524–1586), époux de Marguerite de Parme, Francesco de Marchi (1504–1576) s’indigne de voir le duc d’Albe (1507–1582) tenter de s’attribuer le mérite de l’apaisement de l’insurrection de 1566. Selon lui, ce mérite revient en réalité à la gouverneure, alors sur le point de rentrer en Italie. Celle-ci avait démissionné en avril de la même année, en réaction à la décision de Philippe II (1527–1598) d’envoyer le duc d’Albe aux Pays-Bas, pensant que celui-ci ne pourrait qu’aggraver la situation, en plus de récolter des honneurs qui ne lui reviennent pas1. Le duc d’Albe semble avoir rapidement cherché à tirer parti de la situation : d’après De Marchi, il aurait fait frapper deux médailles (qui ne nous sont pas parvenues aujourd’hui), l’une représentant deux figures agenouillées (le Brabant et les Flandres) lui offrant les clés de la ville, et l’autre le montrant en train de soutenir la religion sur le point de tomber2.

Mais ce n’est pas de son fait, car lorsque la religion était sur le point de tomber, c’est Son Altesse qui l’a tenue sur pied, et non lui qui était en plein milieu de l’Espagne, et qui est venu ensuite les pieds sous la table ; j’aurais bien voulu le voir au milieu des trois-cents gentilhommes qui sont entrés armés dans le palais, deux par deux, l’arquebuse à la ceinture, tout comme Son Altesse qui se tenait aux milieux d’eux à ce moment-là ; […] alors nous aurions vu s’il aurait maintenu sur pied la religion3.

Fig. 1 : Giuliano Giannini (att.), Marguerite, fille de Charles Quint, gouverneure des Pays-Bas de 1559 à 1567, 1567, argent coulé, 3,43 cm. Vente Karel de Geus, 19-20 avril 2021. Avec l’aimable autorisation de Karel de Geus Muntveilingen.

La préoccupation de Marguerite de Parme pour sa réputation n’était donc pas infondée. Francesco de Marchi avait déjà pris l’initiative, très peu de temps après la démission de cette dernière, de faire frapper deux médailles mettant en avant ses efforts pour résoudre la crise (les modèles FAVENTE DEO et A DOMINO FACTUM EST ISTUD abordés dans mon précédent billet). Il me semble cependant pertinent de mettre en rapport cette lettre avec une autre médaille connue de Marguerite portant la date de 1567 (Fig. 1), au revers de laquelle, devant un temple, une figure brûlant un faisceau d’armes et représentant la paix foule de ses pieds une forme monstrueuse4. La devise, « Belgici Tutela », signifiant « gardienne des Pays-Bas », est donc efficacement illustrée par une figure condensant le combat de Marguerite pour la religion et pour la paix. La bête qu’elle foule au pied fait en effet référence au dragon de l’hérésie que défait sa sainte patronne et le temple peut évoquer l’institution de la religion, tandis qu’une allégorie de la paix, identifiable à Marguerite, est représentée mettant fin au conflit. Le temple représenté s’assimile également à un arc de triomphe, faisant office de monument commémorant le conflit et sa résolution, mais annonçant peut-être également le début d’une nouvelle ère de paix. La médaille va donc à l’exact opposé du récit que cherche à imposer le duc d’Albe à travers ses médailles ; de manière plus étonnante encore, elle fait appel au même artiste, Giuliano Giannini, évoqué dans la lettre comme étant en contact avec de Marchi5. Sous le buste, on peut d’ailleurs déceler l’inscription que je propose de lire, dans l’exemplaire du Louvre (Fig. 2), « IVL•G•F », soit « Giuliano Giannini fecit », une version abrégée de l’inscription « IVLIANO FE » que l’on peut voir sur d’autres médailles6. Ceci suggère que cette médaille pourrait avoir été faite en réponse à celles du duc d’Albe, ou du moins que le mérite de l’apaisement de la situation faisait l’objet d’une compétition intense : le fait même que trois médailles portent la date de 1567 le confirme suffisamment. De même, le rappel sur l’avers de la parenté (quoiqu’illégitime) de Marguerite avec Charles Quint, absent d’autres médailles, reflète l’instabilité de sa position7 et la volonté de sécuriser celle-ci.

Fig. 2 : Giuliano Giannini (att.), Marguerite, fille de Charles Quint, gouverneure des Pays-Bas de 1559 à 1567, 1567, argent coulé, 3,43 cm. Vente Karel de Geus, 19-20 avril 2021. Avec l’aimable autorisation de Karel de Geus Muntveilingen.

Si la portée de diffusion de ces médailles est difficile à évaluer, elles ont plusieurs avantages certains dans ce qu’on pourrait appeler une stratégie médiatique autour de la démission de Marguerite. D’abord, ces petits objets peuvent être fabriqués rapidement et circuler facilement. Ils permettent ainsi de réécrire les événements de manière quasi immédiate et de prévenir ainsi toute atteinte à la réputation de Marguerite. Ensuite, ils sont envoyés à ses soutiens existants, assurant la solidité de son réseau et ainsi son retour en Italie dans les meilleures conditions8). Cette stratégie est fréquente chez les femmes de pouvoir à la période moderne, qui sont souvent plus mobiles et doivent assurer le maintien d’un réseau en se rendant présentes à lui par la correspondance ou par des dons de miniatures et de médailles9. Ces réactions rapides à un événement présent sont donc aussi un moyen d’assurer l’avenir. Cette stratégie se poursuit d’ailleurs à son arrivée en Italie, où les cérémonies d’entrées triomphales deviennent des occasions de pérenniser cette version de l’histoire. En témoigne un passage du récit de son entrée à Plaisance le 1er février 1568 :

Au revers [d’un tableau du décor], qui était de facture similaire, on voyait un autre tableau, dans lequel étaient peints de nombreux seigneurs qui, voyant Son Altesse partir de leurs terres, et traverser la mer pour aller en Italie à bord d’autres navires, montrent leur douleur ; Son Altesse se retourne vers eux, se montrant sur la poupe d’un de ces navires, et semble leur dire, comme on pouvait le lire, Multi melius procul, quàm propè rem suam gessere.10.

Cette dernière phrase semble évoquer, directement ou non, une citation issue des Epistulae ad familiares de Cicéron : « Multi suam rem bene gessere et publicam patria procul », que l’on peut traduire par « Beaucoup ont bien servi leurs intérêts privés et ceux de la patrie en étant loin »11. La version utilisée dans le décor se traduit légèrement différemment : « Beaucoup ont mieux mené leur affaire de loin que de près ». Le départ de Marguerite est justifié par un exemple d’autorité : comme celui de l’interlocuteur de Cicéron, il n’est pas volontaire12, mais n’empêche pas la gouverneure d’agir, même de loin, et de ne jamais relâcher son attention. En un mot, ce moment de l’entrée triomphale fait valoir la possibilité d’une agentivité à distance. Elle exploite ainsi parfaitement ce moment, assurant la transition de son image depuis son ancien poste de gouverneure vers un retour à son rôle de duchesse de Parme : la devise fonctionne alors dans les deux sens, assurant qu’elle n’a relâché sa vigilance ni envers les Pays-Bas, ni envers son duché. Par ailleurs, pour paraphraser l’analyse de Derval Conroy des récits de l’entrée triomphale à Amsterdam de Marie de Médicis (1573–1642) en 1638, la description des œuvres temporaires utilisées lors de son entrée commémore l’événement pour la postérité, « re-présente » sans cesse la duchesse à ses sujets, et explicite la signification de l’appareil iconographique, pérennisant ainsi l’image qu’a voulu imposer Marguerite ou sa suite13.

L’événement de sa démission et de son départ est donc noyé par une médiatisation importante et sensible aux opportunités d’imposer une image à la fois de l’événement et de Marguerite. À travers des objets pouvant être produits rapidement et diffusées de différentes manières, l’événement de la démission, au lieu d’être lu comme un échec, prend donc la dimension d’un monument14 qui profite au contraire à la légitimation du pouvoir de Marguerite, qui donne l’image d’une gardienne éternelle de la paix et de la religion des Pays-Bas, même après son départ.

Bien sûr, l’image négative qu’elle a laissée aux Pays-Bas pose la question de l’efficacité de cette stratégie. Mais de fait, la cible des stratégies de construction de son image semble avoir été, dans de nombreux-cas, l’Italie, à grande échelle (par ses échanges avec les différents papes ou son lien avec le cardinal Farnèse) et à un niveau plus restreint, celui de ses duchés, qui lui assuraient un rôle politique et un statut plus pérennes15. Ceci s’oppose au cas de Marie de Médicis, qui comme l’a montré Léonie Marquaille n’a pas pu avoir l’entière maîtrise de la communication autour de son exil, dans des territoires dont les enjeux étaient différents des siens16. Dans un territoire qui était le sien, elle avait ainsi la marge de liberté nécessaire pour assurer la durabilité de sa version des événements, ce que montre clairement la description de ses funérailles en 1586 :

Son Altesse ramena à la foi catholique certains princes des Flandres qui avaient pris les armes pour faire prêcher des doctrines erronées, et à l’aide de la vérité et de la religion, elle les ramena à la vraie foi et à l’obéissance de l’église, et les aurait enfin entièrement purgés si elle était restée dans ces provinces17.

Enfin, une statue la représente en majesté, couronnée et un sceptre à la main, « symbolisant les gouvernements parfaits et saints que Son Altesse a administrés, tant en Flandre que dans son État et à l’Aquila »17. La mémoire de son départ s’efface ici derrière la mise en avant de son bon gouvernement et de ce qu’elle aurait accompli, si elle n’en avait pas été empêchée. En cela, la médaille de Giannini, qui porte pourtant la date précise de 1567, n’est pas la commémoration de son rôle de « Gardienne des Pays-Bas » qu’elle aurait abandonné en démissionnant, mais bien une tentative de la présenter comme gardienne éternelle. Le présent de 1567 s’abstrait alors de toute contingence, pour être sublimé en une date monument.

À VENIR

Ce billet s’inscrit dans le cadre de mes recherches de post-doctorat sur le mécénat artistique féminin et la maîtrise du temps présent dans les Pays-Bas des XVIe et XVIIe siècles. Mes recherches sur Marguerite de Parme donneront lieu à la publication d’une monographie ou d’un article étendu.

BIBLIOGRAPHIE

Sources

Apparato per la entrata della Serenissima Prencipessa di Piacenza et di Parma, fatta nella sua citta di Piacenza al primo di febraro MDLXVIII. 1568. Vincenzo Conti.

Pour aller plus loin

Adorni, Bruno. 2003. « Il ruolo di Margherita d’Austria nella costruzione del Palazzo Farnese di Piacenza ». In Margherita d’Austria (1522-1586). Costruzioni politiche e diplomazia, tra corte Farnese e monarchia spagnola, édité par Silvia Mantini, 107‑25. Rome: Bulzoni.

Conroy, Derval. 2007. « Iconographie et mise en scène d’un pouvoir au féminin. Les quatre livres d’entrées de Marie de Médicis en exil ». In Les Jeux de l’échange : entrées solennelles et divertissements du XVe au XVIIe siècle, édité par Marie-France Wagner, Louise Frappier, et Claire Latraverse, 189‑221. Paris: Honoré Champion.

Loon, Gerard van. 1732. Histoire métallique des XVII provinces des Pays-Bas, depuis l’abdication de Charles-Quint, jusqu’à la paix de Bade en MDCCXVI. Vol. I. La Haye: Gosse.

Mantini, Silvia. 2003. « Ceremonie, Ingressi, Funerali: Simboli e Potere di Margherita d’Austria ». In Margherita d’Austria (1522-1586). Costruzioni politiche e diplomazia, tra corte Farnese e monarchia spagnola, édité par Silvia Mantini, 227‑70. Rome: Bulzoni.

Marquaille, Léonie. 2021. « “Des réceptions royalles” pour une reine en exil. Ambitions artistiques et enjeux diplomatiques lors de l’entrée de Marie de Médicis à Amsterdam en 1638 ». Dix-septième siècle 291:167‑83. https://doi.org/https://doi.org/10.3917/dss.212.0167.

Meijer, Bert W. 1988. Parma e Bruxelles: committenza e collezionismo farnesiani alle due corti. Milan: Silvvana.

Nisard, Désiré, éd. 1869. Oeuvres complètes de Cicéron avec la traduction en français. Paris: Imprimerie de l’Institut de France.

Rossi, Umberto. 1888. « Francesco Marchi e le medaglie di Margherita d’Austria ». Rivista Italiana di Numismatica I:333‑50.

Traversi, Laura. 2003. « La ritrattistica di Margherita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa (II) ». In Margherita d’Austria (1522-1586). Costruzioni politiche e diplomazia, tra corte Farnese e monarchia spagnola, édité par Silvia Mantini, 281‑326. Rome: Bulzoni.

Ziegler, Georgianna. 2024. « Queen without a country: Elizabeth of Bohemia 1596-1662, exile and the Esther Story ». In Women in Exile in Early Modern Europe and the Americas, édité par Linda Levy Peck et Adrianna E. Bakos, 196‑214. Manchester: Manchester University Press.


  1. Le contexte de cette démission est résumé dans ma première contribution : « ‘C’est là l’œuvre du seigneur’ : Marguerite de Parme (1522-1586) et la question de l’agentivité artistique d’une femme de pouvoir aux Pays-Bas du XVIe siècle » (URL : https://capt.hypotheses.org/11097, publiée le 22 janvier 2026). []
  2. Rossi 1888, 341‑47. []
  3. Cité chez Rossi 1888, 341‑44. Nous traduisons. []
  4. Pour ces interprétations de l’iconographie, voir van Loon 1732, I:97 et Traversi 2003, 296 []
  5. Giannini est identifié au « Giuliano Fiorentino » de la lettre, qui confirme à de Marchi en venant le voir dans sa chambre qu’il a créé ces médailles pour le duc d’Albe, chez Meijer 1988, 172, 231. L’attribution du modèle BELGICI TUTELA est proposée par Laura Traversi (Traversi 2003, 295) sur la base de l’avers. []
  6. Voir par exemple la médaille réalisée pour Alexandre Farnèse au British Museum vers 1586 (G3,FD.334). []
  7. Traversi 2003, 297 []
  8. Les premiers exemplaires des médailles de Jacques Jonghelinck, par exemple, sont envoyées au pape Pie V et au Cardinal Farnèse (Meijer 1988, 136 []
  9. Pour une étude de cas, voir Ziegler 2024. []
  10. Apparato per la entrata della Serenissima Prencipessa di Piacenza et di Parma, fatta nella sua citta di Piacenza al primo di febraro MDLXVIII 1568, fo 4r. []
  11. Nisard 1869, no 135. []
  12. Merci à Jan Blanc pour cette remarque. []
  13. Conroy 2007, 196 []
  14. Cf. Conroy 2007, 195, pour l’interprétation des quatre livres décrivant l’entrée de Marie de Médcis à Amsterdam comme monuments qui construisent son pouvoir. []
  15. En témoigne son contrôle étroit des travaux pour sa résidence à Plaisance, y compris depuis les Pays-Bas, et son insistance sur le fait que les travaux devaient se terminer le plus vite possible : voir les lettres cité chez Adorni 2003, 110‑14. []
  16. Marquaille 2021, 180. []
  17. Mantini 2003, 265. Nous traduisons. [] []

Call for Applications: A Place in Time: A Summer School for the Study of Women and Temporalities in Early Modern Europe (Lille, 6-8 July 2026)

FR

A Place in Time: A Summer School for the Study of Women and Temporalities in Early Modern Europe

Organised by Léon Rochard and Agathe Bonnin

Antoon van Dyck, Portrait of Maria de’ Medici, c. 1631. Lille, Palais des Beaux-Arts.

The goal of this summer school, organised with the support of the Institut du Genre, the FNS/Sinergia project “Capturing the Present in Northwestern Europe (1348-1648)” and HARTIS (Université de Lille), partnered with the Palais des Beaux-Arts de Lille, is to help doctoral students develop an interdisciplinary reflection on the intersection between gender and time in the early modern period. With the help of invited keynote speakers, workshops around secondary literature, visits of the Palais des Beaux-Arts’s collections presented by its curators, and presentations by each participant, we aim to foster interest in this framework and complexify approaches to gender studies and key themes such as the question of agency or the inscription of women in history. This summer school will be structured around three main themes:

  1. Rhytmic lives: contextualising the rhythm of women’s lives historically, socially and culturally, beyond bioessentialist thinking.
  2. Thinking in the long term: explore women’s engagement with the distant past or future, and questions of heritage and legacy.
  3. Time and power: understanding the intersections between gender, power, and politics, to better define how women exercised agency over different temporalities.

This summer school is open to both doctoral students and master’s students who wish to pursue a PhD, specialising in the human sciences and the early modern period, with no requirements in terms of nationality or institution. Both English and French will be spoken. Candidates are invited to send a CV, a description of the current research project, thesis, or dissertation with an indication of the potential interest of this summer school to the project, and an abstract for a presentation connected to one or several of the three proposed themes.

Please refer to the call for applications below for additional information:

 

Participants are invited to turn to their institutions to cover travel expenses and accommodations, as organisers can only cover collective meals.

DATES AND LOCATION

6-8 July 2026, Université de Lille (Campus Pont-de-Bois) and Palais des Beaux-Arts de Lille

CONTACT

Applications, in English or French, should be sent before 30 April 2026 to both Agathe Bonnin (bonninagathe@gmail.com) and Léon Rochard (leon.rochard@univ-lille.fr).

Appel à candidatures : Une place dans le temps – école d’été pour l’étude des femmes et des temporalités à la période moderne en Europe (Lille, 6-8 juillet 2026)

EN

Une place dans le temps : une école d’été pour l’étude des femmes et des temporalités à la période moderne en Europe

Organisation par Léon Rochard et Agathe Bonnin

Antoon van Dyck, Portrait de Marie de Médicis, v. 1631. Lille, Palais des Beaux-Arts.

L’objectif de cette école d’été, organisée avec le soutien de l’Institut du genre, du projet FNS Sinergia « Capturing the Present in Northwestern Europe (1348-1648) » et du laboratoire HARTIS (Université de Lille), et en partenariat avec le Palais des Beaux-Arts de Lille, est d’aider les candidat·es à développer une réflexion interdisciplinaire sur l’intersection entre le genre et le temps à la période moderne. Avec l’aide des conférencières invitées, d’ateliers portant sur la littérature secondaire sur le sujet, des visites en présence des conservateur·rices des collections du Palais des Beaux-Arts de Lille, ainsi que des présentations des participant·es, il s’agira de mieux se saisir de ce cadre théorique et de le mobiliser pour traiter de questions clés des études de genre, comme l’agentivité ou l’inscription des femmes dans l’histoire. Cette école d’été sera structurée autour de trois thèmes principaux :

  1. Des vies rythmées : recontextualiser les rythmes de la vie des femmes dans un cadre historique, social et culturel, par-delà une pensée bio-essentialiste de ceux-ci.
  2. Réfléchir sur le long terme : explorer le rapport des femmes à un passé ou un futur lointain, à leur héritage et leur postérité.
  3. Temps et pouvoir : comprendre les intersections entre genre, pouvoir et politique, afin de définir les modalités d’exercice de l’agentivité des femmes sur différentes temporalités.

L’école d’été, assurée en anglais et en français, est à destination de doctorant·es ou de masterant·es souhaitant poursuivre une recherche doctorale, spécialisé·es en sciences humaines sur la période moderne, sans condition de nationalité ou d’université de rattachement. Les candidat·es sont invité·es à envoyer un CV, un résumé du projet de recherche en cours, thèse ou mémoire, avec une indication l’utilité potentielle de l’école d’été pour ce projet, et un projet de communication en lien avec un ou plusieurs des trois thèmes proposés.

Pour plus de précisions, veuillez vous référer à l’appel à candidatures ci-dessous:

Les participant·es sont invité·es à se tourner vers leurs institutions de rattachement pour les frais de déplacement et de logement : seuls les repas en commun seront couverts par les organisateur·rices.

DATE & LIEU

6-8 juillet 2026, Université de Lille (Campus Pont-de-Bois) et Palais des Beaux-Arts de Lille

CONTACT

Pour soumettre une candidature, veuillez contacter Agathe Bonnin (bonninagathe@gmail.com) et Léon Rochard (leon.rochard@univ-lille.fr) avant le 30 avril 2026.

Léon Rochard, “On Borrowed Time: Margaret of Parma’s Artistic Patronage as Governor of the Low Countries (1559–1567 and 1579–1582)” at the AGENART permanent virtual seminar, 12 March 2026

Posted by: Léon Rochard

ABSTRACT

Margaret of Parma’s role as governor of the Low Countries was far from self-evident. Illegitimate daughter of Charles V, it is unclear whether she was appointed because of her loyalty to Philip II and the Habsburg or because of her political experience. Her attempts at managing the revolts that led to the independence of the Dutch Republic were repeatedly thwarted by her brother, leading – twice – to her resignation. However, while her reputation remains tarnished to this day, she often quickly adapted to changes in the situation through both political action and carefully timed artistic commissions, hinting at Margaret of Parma’s sensitivity to present events, not only as a politician but also as a patron. Where her power was contested on the political stage, by the leaders of the local revolts in a conflict extensively documented by sometimes caricatural prints, as well as the more legitimate, male members of the Habsburg dynasty and appointed counsellors, artistic commissions could have presented an opportunity to negociate agency over the interpretation of current events. But questions about her personal involvement and the intended public of these commissions challenge our understanding of agency as a notion. This paper will shed light on the potential of confronting the notion of artistic agency and questions of temporality, exploring the connections between politics and patronage within a corpus attracting renewed scientific interest.

INFORMATION AND ACCESS TO THE SESSION

https://agenart.org/seminarios/pasados/seminario-virtual-permanente-25-26

Pépite : « C’est là l’œuvre du seigneur» : Marguerite de Parme (1522–1586) et la question de l’agentivité artistique d’une femme de pouvoir aux Pays-Bas du XVIe siècle.

Billet rédigé par Léon Rochard

Jacques Jonghelinck, Médaille de Marguerite de Parme âgée de 45 ans, déesse face aux éléments, 1567. Alliage cuivreux coulé, argenté, 3,3 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts, Md 10. Clichés François Becuwe © Palais des Beaux-Arts de Lille.

Les médailles de Jacques Jonghelinck représentant Marguerite de Parme ont souvent été connectées à sa démission comme gouverneure des Pays-Bas en 1567. Ce billet montre l’intérêt d’analyser les liens entre objets et événements politiques selon des questions de genre et de temporalité, et offre des pistes prometteuses pour l’analyse d’un corpus de mieux en mieux connu des historien.ne.s de l’art1.

« A DOMINO FACTUM EST ISTUD » (C’est là l’œuvre du seigneur) : cette inscription se trouve au revers d’une médaille portant à l’avers le profil de Marguerite de Parme, gouverneure des Pays-Bas (1559–1567) à l’âge de 45 ans, comme il est écrit sur son épaule. Le revers porte la date de 1567 et une allégorie féminine, debout sur un rocher et entourée de quatre vents, l’épée levée dans la main droite et une branche d’olivier et une palme dans la main gauche.

L’insistance sur la date appelle à interpréter la médaille au prisme d’un événement spécifique. Elle rappelle les tensions politiques et religieuses qui ont culminé en 1566, l’année précédant la frappe de la médaille, mais aussi l’abdication de Marguerite de Parme en avril 15672. Il semble qu’il ait fallu clarifier le sens de cette démission, qui a provoqué des réactions mitigées. Dans sa lettre de démission du 11 avril 1567, elle s’inquiète en effet de sa réputation, refusant que son travail pour apaiser les tumultes du début de la Révolte des Gueux en 1566 soit attribué au duc d’Albe (1507–1582), que Philippe II (1527–1598) vient d’envoyer avec une armée :

Votre Majesté se soucie bien peu non seulement de ma satisfaction et consolation, mais aussi de ma réputation, à laquelle […] je dois attacher beaucoup d’importance ; et Votre Majesté, avec les restrictions extraordinaires qu’elle m’a faites, m’a enlevé non seulement l’autorité, mais aussi le moyen de finir de régler entièrement toutes les affaires d’ici, et maintenant qu’elle voit que les choses vont bon train, veut en donner l’honneur à d’autres, et a voulu donner à moi seule les dangers et la fatigue.3

Le motif de sa démission est clair : elle refuse d’être perçue comme une simple figure transitoire chargée de gérer une crise dans laquelle elle s’est profondément investie4. On s’accorde aujourd’hui sur sa finesse en tant que politicienne5 : à la veille de l’éclatement de la furie iconoclaste, elle écrit dans une lettre à Philippe II du 31 juillet 1566 qu’elle a tenté d’anticiper la crise en écrivant « dès le commencement et depuis, par plusieurs fois » aux notables et gouverneurs locaux pour « contenir le peuple tant par authorité, menaces, exhortations, remonstrances que toutte autre voye de doulceur et rigoeur que leur sera possible »6

Ces motifs de l’équilibre entre douceur et rigueur ou de l’identification de points de bascule de la fortune répondent à la définition de la virtù politique de Machiavel, qui repose sur la capacité à repérer le mouvement de la fortune et les occasions qu’elle offre dans le temps présent7. Cependant, elle est limitée dans sa capacité à réagir à ces occasions qu’elle et ses informateurs savent repérer. Ses lettres mettent près d’un mois pour parvenir à Madrid, où les secrétaires doivent encore attendre que le roi leur dicte ou leur suggère une réponse8, souvent partielle. Plus encore, celui-ci retarde infiniment sa venue aux Pays-Bas, alors qu’elle y voit une solution pour apaiser la crise. Dans ses lettres de juillet 1566, à court de moyens pour le persuader, elle multiplie les marqueurs temporels pour identifier le moment présent comme un point de bascule. Dans sa seule lettre du 19 juillet, on ne compte pas moins de onze expressions en rapport avec le présent (« présentement » est par exemple utilisé à six reprises) et trois occurrences du mot « journellement », décrivant la progression alarmante de la situation. Enfin, le 31 juillet, elle craint que le moment d’agir ne soit déjà passé, tandis qu’elle n’a fait que « prévenir et anticiper le mal » : « temporisant et surattendant [Votre Majesté], tout est gasté et perdu »9.

Marguerite de Parme n’est donc pas maîtresse de son propre temps, ce qui, du point de vue des études de genre soulève le problème de son agentivité, notion généralement définie comme la capacité d’un sujet à agir, à faire des choix et à orienter sa vie dans un contexte de normes et de contraintes sociales, en négociant ces contraintes, en les contournant ou en les transformant, plutôt qu’en les subissant. Ces contraintes sont liées au rôle de la gouverneure, qui représente un pouvoir qui n’est pas le sien, mais aussi sans doute à son genre, qui a pu informer sa perception par certains de ses collaborateurs comme une personne docile10, ou son image antiféminine diffusée par la propagande rebelle11. En cela, on peut faire l’hypothèse, souvent centrale dans les études sur le mécénat féminin, que ses commandes et représentations artistiques peuvent constituer des tentatives alternatives de définir son image, mais aussi de maîtriser a posteriori le sens d’événements sur lesquels elle n’a pas pu avoir le contrôle souhaité.

Ainsi, la devise de la médaille de Jonghelinck, faisant allusion au 23e verset du Psaume 118, « a Domino factum est istud, hoc est mirabile in oculis nostris » (C’est là l’œuvre du Seigneur, c’est un prodige à nos yeux), peut faire référence au « prodige » de la relative amélioration des tensions qu’elle mentionne dans sa lettre de démission. Mais elle implique aussi qu’elle en est la facilitatrice, et qu’elle a accompli la volonté du Seigneur en tant que représentante de la défense de la foi catholique, face à des conditions difficiles représentées comme des vents contraires12. L’épée et la branche d’olivier refléteraient alors son arbitrage juste de la situation, montrant alternativement, comme nous l’avons mentionné, de la rigueur et de la clémence13. Dans le contexte de la reconstitution du mécénat de Marguerite de Parme dans ces dernières décennies, il apparaît donc nécessaire d’analyser les œuvres véhiculant son image ou commandées par elle en relation étroite avec sa politique14, comme l’a esquissé le catalogue de 2024.

Cependant, la médaille de Jonghelinck n’a pas été commandée par Marguerite de Parme elle-même. Elle a bien posé pour l’artiste, d’après une lettre de Francesco De Marchi15, mais sans doute pour un type standard dont le revers peut varier au besoin : une version très proche de notre type, prolongée au niveau du buste, se retrouve sur une médaille uniface à Bruxelles (Fig. 2), une double médaille portant le buste de son mari et le sien au revers, ou une variante quasiment identique à notre médaille portant l’inscription « Favente Deo »16. Mais le revers de celle-ci et de celle qui nous concerne semblent avoir été réalisés à son insu, à l’initiative de De Marchi ((Francesco Simeone, “Le due immagini di Margherita di Parma,” Panorama numismatico 116, Février 1998 (1998): 21.)) : « j’ai fait réaliser cette médaille avec tant de supplications à son Altesse qu’elle a fini par m’accorder la grâce de se faire portraiturer. […] J’ai inventé le revers, que j’ai fait fabriquer à l’insu de son Altesse, mais elle m’a fait confiance et m’a laissé faire »17.

Jacques Jonghelinck, MARGARETA•DE•AVSTRIA•D•P•ET•P•GERMANIAE•INFERIORIS•GVB, 1567. Bronze coulé, 58 mm. Bruxelles, Bibliothèque royale, Cabinet des médailles, 2K19/9.

L’objet est bien une réaction face aux événements qui ont conduit à la démission de Marguerite de Parme et vise à réaffirmer son rôle dans la résolution de la crise. De Marchi écrit qu’elles représentent « le portrait d’une princesse si digne, qui est véritablement une défenseuse de la religion chrétienne, […] sans l’esprit, la bravoure et la constance de laquelle tous ces pays seraient perdus quant à la religion, et peut-être même l’État, et je pense qu’elle a été la cible de mauvaises intentions. »18 La date de la lettre, du 7 juillet 1567, très proche de la démission, implique que la médaille a été conçue et réalisée très rapidement après la décision de la gouverneure.

Ici, la question de l’agentivité doit donc être le point de départ d’une réflexion plutôt que sa conclusion.19. On pourrait considérer que son agentivité ne s’exerce ni sur les événements présents, ni sur la définition de leur sens ou de sa propre image, définie en partie par ses proches conseillers (masculins). Cependant, cette hypothèse semble limitante puisqu’elle considère le personnage politique d’un point de vue strictement individuel et non comme une entité en partie collective. Si De Marchi a effectivement réalisé la médaille à son insu, il fait néanmoins partie de sa cour et de son cercle le plus proche ; par ailleurs, c’est elle qui a posé pour l’avers et donné son aval pour que la médaille soit frappée.

Le cas de la médaille de 1567 invite donc à se pencher plus précisément sur la notion de commanditaire et à historiciser celle d’agentivité, souvent utilisée sans être suffisamment interrogée pour démontrer le rôle historique de personnages féminins. Là où l’efficacité de cette notion, souvent concentrée sur l’émancipation individuelle, est limitée pour des contextes géographiques et historiques extérieurs à une culture contemporaine et libérale, on peut imaginer au contraire la productivité d’une définition plus collective centrée non pas sur l’actrice elle-même mais sur ses relations avec d’autres acteurices20. Cette vision permet d’éclairer l’habileté politique de femmes de pouvoir qui ont su déléguer leur agentivité en s’entourant de conseillers de confiance pour agir selon leurs intérêts et comme extensions d’elles-mêmes. Si Marguerite de Parme reste insatisfaite de son contrôle sur les événements et inquiète de sa réputation, son agentivité sur les événements présents n’est pas inexistante, mais peut-être délayée (c’est-à-dire jouant sur des temporalités différentes), ou relevant d’une maîtrise collective plus qu’individuelle, et doit donc être pensée selon des modalités plus subtiles, informées par son genre et les spécificités de sa position politique.

A VENIR

Ce billet s’inscrit dans le cadre de mes recherches de post-doctorat sur le mécénat artistique féminin et la maîtrise du temps présent dans les Pays-Bas des XVIe et XVIIe siècles. Il ambitionne de comparer des femmes de différents statuts sociaux et niveaux d’accès au pouvoir politique afin d’explorer le potentiel d’une méthode croisant les questions de temporalité et de genre en histoire et histoire de l’art. Le cas de Marguerite de Parme fera l’objet d’une prochaine communication, suivie d’un article étendu.

BIBLIOGRAPHIE

Sources

Battistini, Mario. Lettere di Giovan Battista Guicciardini a Cosimo e Francesco De’ Medici scritte dal Belgio dal 1559 al 1577. Bruxelles: Bibliothèque de l’Institut Historique Belge de Rome, 1949.

Gachard, Louis-Prosper. Correspondance de Philippe Ii sur les affaires des Pays-Bas. Vol. I, Bruxelles: Librairie Ancienne et Moderne, 1848.

van Gelder, Enno. Correspondance française de Marguerite d’Autriche, duchesse de Parme, avec Philippe II. Vol. II, Utrecht: Kemink et Fils, 1941.

Pour aller plus loin

Giomi, Fabio, Lett, Didier et Sylvie Steinberg. “Agency. Itinéraire D’un Concept Rebelle (1963-2025).” Clio. Femmes, Genre, Histoire 61, 1 (2025): 15-42.

Lichtert, Katrien, éd. Margaret, Duchess of Parma: The Emperor’s Daughter between Power and Image, cat. exp. Veurne: Hannibal Books, 2024.

Mantini, Silvia, éd. Costruzioni politiche e diplomazia, tra corte Farnese e monarchia spagnola. Rome: Bulzoni, 2003.

Rossi, Umberto. “Francesco Marchi e le medaglie di Margherita d’Austria.” Rivista Italiana di Numismatica I, 3 (1888): 333-50.

Silver, Larry. “Book Review: Margaret Duchess of Parma. The Emperor’s Daughter between Power and Image.” Historians of Netherlandish Art Reviews, actualisé en janvier 2025,  https://hnanews.org/hnar/reviews/margaret-duchess-of-parma-the-emperors-daughter-between-power-and-image/.

Simeone, Francesco. “Le Due Immagini di Margherita di Parma.” Panorama numismatico 116, Février 1998 (1998): 20-21.

Steen, Charlie R. Margaret of Parma: A Life. Leiden: Brill, 2013.

Traversi, Laura. “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa.” In La Dimensione Europea Dei Farnese, éd. par Bart de Groof et Eugenio Galdieri, 381-419. Bruxelles, Turnhout: Institut historique belge de Rome, Brepols, 1993.

Wiesner-Hanks, Merry E., éd. Challenging Women’s Agency and Activism in Early Modernity. Amsterdam: Amsterdam University Press, 2021.

  1. Je remercie Jan Blanc et Elodie Lecuppre-Desjardin d’avoir pris le temps de relire ma contribution et pour leurs commentaires. []
  2. Dagmar Eichberger, “Epilogue,” in Margaret, Duchess of Parma: the emperor’s daughter between power and image, ed. Katrien Lichtert (Veurne: Hannibal Books, 2024), 219 []
  3. Louis-Prosper Gachard, Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, vol. I (Bruxelles: Librairie Ancienne et Moderne, 1848), 523, note 3, nous traduisons. []
  4. Katrien Lichtert, “A Portrait of the Emperor’s Daughter,” in Margaret, Duchess of Parma: the emperor’s daughter between power and image, ed. Katrien Lichtert (Veurne: Hannibal Books, 2024), 26-27. []
  5. Charlie R. Steen, Margaret of Parma: A Life (Leiden: Brill, 2013), 3. []
  6. Enno van Gelder, Correspondance française de Marguerite d’Autriche, Duchesse de Parme, avec Philippe II, vol. II (Utrecht: Kemink et Fils, 1941), 281, n°48. []
  7. Cette idée a été suggérée implicitement par Silvia Mantini, (Mantini, “Introduzione,” 24). []
  8. Steen, Margaret of Parma: A Life, 72. []
  9. cf. van Gelder, Correspondance française de Marguerite d’Autriche, Duchesse de Parme, avec Philippe II, II, 259-81., n°46-48 []
  10. Steen, Margaret of Parma: A Life, 74. []
  11. Lichtert, “A Portrait of the Emperor’s Daughter,” 28. []
  12. Laura Traversi, “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa,” in La dimensione europea dei Farnese, ed. Bart de Groof and Eugenio Galdieri (Bruxelles, Turnhout: Institut historique belge de Rome, Brepols, 1993), 415-16. []
  13. Eichberger, “Epilogue,” 219. []
  14. La critique du catalogue de 2024 par Larry Silver montre l’importance de ce volume tout en souhaitant une plus étroite analyse du rapport entre la carrière politique et le mécénat artistique de Marguerite de Parme (voir “Book Review: Margaret Duchess of Parma. The Emperor’s Daughter between Power and Image,” Historians of Netherlandish Art Reviews. []
  15. Traversi, “Aspetti della ritrattistica di Margarita d’Austria (1522-1586) tra pittura, medaglistica e stampa,” 415-16. []
  16. On trouve des exemplaires de ces deux médailles au British Museum (G3,VP.55 et M3157). []
  17. Umberto Rossi, “Francesco Marchi e le medaglie di Margherita d’Austria,” Rivista Italiana di Numismatica I, 3 (1888): 337. []
  18. Ibid. Merci à Ester Giachetti pour sa traduction. []
  19. Wiesner-Hanks, Challenging Women’s Agency and Activism in Early Modernity, 11-12. []
  20. Giomi and Steinberg, “Agency. Itinéraire d’un concept rebelle (1963-2025),” 32, 38. []